Venezuela : Crispation à son comble

Au Venezuela, les tensions ne sont pas retombées après une semaine de crise politique majeure. Selon un dernier bilan, fourni le lundi 28 janvier par plusieurs organisations non gouvernementales (ONG), les manifestations contre le Président, Nicolas Maduro se sont soldées par la mort d’au moins 35 personnes et l’arrestation de 850 opposants.

Les États-Unis ont également fait monter la pression. Une semaine après avoir reconnu le chef du Parlement, Juan Guaido, comme Président par intérim, la Maison Blanche s’est attaquée lundi à la compagnie pétrolière PDVSA, accusée d’être « un véhicule de corruption ». Nicolas Maduro a répliqué dans la foulée en annonçant des poursuites contre Washington. « Le sang qui peut couler au Venezuela sera sur vos mains, Donald Trump » a-t-il lancé. De son côté, le Kremlin a dénoncé mardi des sanctions jugées « illégales », son porte-parole, Dmitri Peskov, accusant Washington d’« ingérence » et annonçant son intention de défendre ses intérêts dans le pays.

Alliés contre alliés

Six pays européens (Espagne, France, Allemagne, Royaume-Uni, Portugal, Pays-Bas) ont donné à Nicolas Maduro jusqu’au dimanche 3 février pour convoquer des élections, faute de quoi ils reconnaîtront Juan Guaido comme Président. Les États-Unis reconnaissent déjà l’opposant comme le président par intérim du Venezuela. L’Union européenne, quant à elle, « prendra des mesures » si des élections ne sont pas convoquées « dans les prochains jours », y compris concernant « la reconnaissance du leadership » dans le pays. Jusqu’à présent, Nicolas Maduro se montre inflexible et rejette l’ultimatum des Européens. Il est soutenu par la Russie, la Chine, la Corée du Nord, la Turquie ou encore Cuba. Il peut également compter sur le soutien de l'armée, qui lui a réaffirmé le jeudi 24 janvier sa loyauté par la voix de son ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino. « J'alerte le peuple du Venezuela qu'un coup d’État est perpétré contre les institutions, contre la démocratie, contre notre Constitution, contre le Président Nicolas Maduro, notre président légitime », a déclaré le ministre, entouré de tout le haut commandement militaire, lors d'une conférence de presse. Lundi 28 janvier, une tentative de soulèvement d'un groupe de militaires à Caracas avait été rapidement réprimée. L'aggravation de la crise politique intervient en pleine débâcle économique dans ce pays pétrolier, jadis le plus riche d’Amérique Latine, désormais frappé par d'importantes pénuries de nourriture et de médicaments et soumis à une hyperinflation qui devrait atteindre 10 000 000% en 2019.

Boubacar Sidiki Haidara

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