Unilatéralisme américain : L’ordre mondial en mutation en 2026

Depuis les premiers jours de janvier 2026, les décisions de l’administration Trump redéfinissent la posture des États-Unis vis-à-vis des institutions internationales et de leurs partenaires. En Afrique comme ailleurs, cette orientation fait émerger des défis diplomatiques, économiques et sécuritaires appelés à structurer l’année en cours.

La Maison-Blanche a confirmé le 7 janvier la signature par le Président américain d’un mémorandum lançant le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, dont 31 entités affiliées aux Nations unies. L’Exécutif met en avant la volonté de recentrer l’action sur des priorités nationales et de réduire certains financements internationaux.

Les engagements concernés incluent notamment la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques, ainsi que plusieurs agences actives dans les domaines du climat, du travail, de la migration, de la santé et de la culture. Cette orientation s’inscrit dans la continuité de la doctrine « America First », déjà traduite par des retraits d’accords et d’institutions multilatérales majeures. Plusieurs analystes estiment que cette dynamique fragilise les mécanismes multilatéraux hérités de l’après Seconde Guerre mondiale.

Sur le plan diplomatique et sécuritaire, une opération américaine lancée le 3 janvier a conduit à la capture du Président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse, présentée par Washington comme une action judiciaire liée à des accusations de narcotrafic. L’initiative a suscité de vives réactions en Amérique latine et ravivé des tensions avec plusieurs partenaires, notamment le Mexique, Cuba et le Canada, tandis que les déclarations américaines sur le Groenland ont relancé des frictions diplomatiques plus larges.

Menaces

La pression américaine s’est également accentuée sur l’Iran. Le 12 janvier, Donald Trump a annoncé que des droits de douane de 25% seraient appliqués à tout pays commerçant avec Téhéran, dans un contexte de fortes tensions internes. Des responsables de l’administration ont même confirmé que l’option militaire figurait parmi les scénarios étudiés.

Dans ce contexte, l’Afrique évolue face à une diplomatie américaine plus transactionnelle, où les initiatives autour de la RDC et du Rwanda s’inscrivent plus dans une logique d’accès aux ressources stratégiques, telles que le cobalt, le cuivre et le coltan. Parallèlement, des tensions traversent les relations avec des puissances africaines comme le Nigéria et l’Afrique du Sud, sur fond de divergences géopolitiques et de repositionnements autour des BRICS.

Malgré leur poids normatif, les institutions internationales disposent de marges d’action limitées. Cette année, les principaux contrepoids reposeront sur les équilibres politiques internes aux États-Unis, l’affirmation d’alliances régionales et la capacité des États africains à diversifier leurs partenariats dans un environnement mondial en recomposition.

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