1er mai: Les travailleurs du secteur privé aux abois

Tout comme de nombreuses centrale syndicales, la CSH a dénoncé de nombreux licenciements.

La fête commémorative du 1er mai a eu un goût particulier cette année à cause du covid-19. Pas d’attroupement, conformément aux mesures de restrictions. Les leaders syndicaux ont tout de même été invités à la Primature pour faire leur doléance. A cette occasion, la Fédération des syndicats autonomes de Côte d'Ivoire (FESACI) a dépeint une situation difficile.  « Chaque jour, nous sommes témoins et assistons avec impuissance aux licenciements et aux mises en chômage technique dissimulés sous le prétexte de la pandémie du covid-19 de dizaines de pères et de mères de famille, au moment où tous les acteurs, sous l’instigation du Gouvernement, s’attèlent à donner un visage un peu plus humain à la résistance de la Nation face à la pandémie. Nous citons, dans le feu de l’action, pour ce qui nous concerne, l’entreprise AK International, sise en Zone Industrielle de Yopougon, qui vient de remettre, avec le soutien d’un avocat de la place, des lettres de licenciement à 33 travailleurs,  dont 7 travailleurs protégés, pour avoir demandé à l’employeur des mesures de protection pour les ouvriers au sein de l’entreprise. A la SFC Darling également sise en zone industrielle de Yopougon, ce sont les travailleurs de 50 ans et plus qui sont d’office mis en chômage technique sans mesure d’accompagnement, sous prétexte qu’ils seraient plus vulnérables au covid-19 », a asignifié le colonel Mamadou Dohia Traoré, le secrétaire général FESACI. Dohia Traoré site également le cas de SI-Béton et Côte d’Ivoire Engineering où, dit-il, c’est une chasse aux sorcières contre les responsables syndicaux. Selon lui, les travailleurs des établissements privés d’enseignements, tous ordres confondus, et notamment ceux du Laïc maternel, primaire et secondaire sont dans le désarroi absolu parce que sans salaire depuis bientôt 3 mois. Sur ce sujet, le Secrétaire général de la Centrale Syndicale Humanisme (CSH), Soro Mamadou, a déploré que 19000 travailleurs du secteur formel issus de 713 entreprises aient été mis au chômage du fait du Covid19. Comme solutions, Dohia Traoré énumère : « Aussi voudrions-nous plaider pour l’accélération dans le paiement de la dette intérieure, dont les frais de scolarité, et d’autre part pour la prise en compte des travailleurs de l’Economie informelle, de loin, les plus touchés. Nous parlons des lavandières, des gens de maison, des vendeurs de friperies, des serveurs et serveuses des maquis, restaurants, bars, boites de nuit, des divers travailleurs indépendants, contraints de nourrir leurs familles et assurer le loyer et autres charges », a indiqué le secrétaire général FESACI. Comme recommandations, la faîtière demande l’annulation du paiement des factures CIE et SODECI pour tous les ménages durant toute la période du Covid-19 ; la mise en place d’un comité inclusif de gestion de la crise, avec la participation des représentants des organisations syndicales et des autres partenaires de la Société civile. Sans oublier, l’appui financier et matériel aux initiatives nationales de recherches en sciences médicales, ainsi que dans les technologies de production de matériels paramédicaux, la protection générale des emplois, par une meilleure procédure d’approche auprès des PME-PMI ; la mise en place d’un dispositif d’accompagnement efficace et transparent en faveur des entreprises, des travailleurs et des acteurs de l’économie informelle ».

 Raphaël TANOH

 

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