Le CHU de Yopougon a mal

Le personnel du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Yopougon souffre et le fait savoir. Les travailleurs demandent la fermeture des lieux, mais la direction hésite.

Le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Yopougon est malade. Depuis plusieurs jours, le personnel soignant manifeste contre les mauvaises conditions de travail. Le ton a été donné par les prestataires de service au sein du CHU. Ces derniers réclament plusieurs mois d’arriérés. Le 4 octobre dernier, c’était au tour des travailleurs. Infirmiers, sages-femmes, aides-soignants, médecins dénoncent non seulement la vétusté du bâtiment, mais aussi les dangers qu’ils courent à travailler dans ces lieux qui tombent en ruine.

 

Personnel sous pression Kpan Mouty, le président de la Mutuelle des agents du CHU de Yopougon évoque plusieurs cas de décès survenus au sein du personnel soignant. S’il ne peut pas apporter de preuves formelles, selon M. Kpan, ils soupçonnent l’amiante, présente dans les locaux dégradés du CHU d’en être le principal responsable. « Parmi ces cas de décès nous avons recensé plusieurs cas de cancer. Et l’inhalation prolongée de l’amiante provoque cela », fait savoir le président de la mutuelle. Mais s’il n’y avait que cela. « Parfois, en pleine opération ou en pleine dialyse, nous avons des coupures de courant. Et à chaque fois vous avez quelqu’un qui est branché à un appareil, soit au bloc opératoire, soit au service de réanimation néonatalogie » dénonce Boko Kouaho, qui travaille également dans le CHU. Et quand ce n’est pas l’électricité, selon l’infirmier, c’est l’eau qui est coupée. Pour faire stériliser le matériel du bloc opératoire, il faut se rendre au CHU de Cocody. Dans la salle de réanimation, il n’y a que 2 lits sur 14. La manifestation du 4 octobre initiée par les travailleurs avait pour but de dénoncer tout cela et surtout demander la fermeture du centre de santé.

 

Fermeture ? À la direction du CHU, on est conscient des problèmes, mais aux dires de Désiré Zako, le chef de la communication, il serait impossible de fermer. D’une part, à cause de la situation géographique du CHU de Yopougon et de l’autre, parce que l’hôpital général d’Abobo est fermé en ce moment et que le CHU d’Angré n’est pas encore ouvert. Selon des sources proches du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, on s’y active afin de trouver des solutions. Vendredi 5 octobre, le ministre a délégué son directeur de cabinet sur les lieux pour apaiser la situation.

 

Raphaël TANOH

 

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