« Grossesses scolaires : il faut agir sur les mentalités»

Kadio Claude demande le respect des engagements au niveau des fondateurs.

Dans cet entretien, Claude Kadio, président l’Organisation des parents d’élèves et d’étudiants de Côte d’Ivoire (OPEECI), demande aux fondateurs de respecter leurs engagements et en profite pour parler des grossesses à l’école.

 

Aujourd’hui, plusieurs semaines après le démarrage des cours qu’en est-il de la question des frais annexes ?

Le problème existe toujours. Nous n’avons jamais dit que nous sommes contre. Chaque année, des milliers d’enseignants sont affectés dans ces établissements. Mais cela ne suffit pas. On a besoin d’enseignants. Lorsque les tables-bancs installées dans ces écoles sont abîmées, il faut les réparer. Dans les écoles, les problèmes sont nombreux. Quand la toiture de la cantine s’envole après une tornade, il faut s’en occuper. Et pour cela, il faut de l’argent. Ce que nous voulons savoir au sujet des frais annexes, c’est ce que l’on fait de nos cotisations. Sont-elles utilisées à bon escient ? Nous sommes prêts à accompagner l’État dans ce sens. Nous voulons juste qu’on nous dise ce que devient notre argent. C’est pour cela que nous avons demandé plus de transparence dans l’organisation des Coges.

 

Les frais d’inscription au niveau des grandes écoles posent égalementproblème…

Au niveau du supérieur, les établissements ne respectent pas les indications des autorités qui fixent l’inscription à 80 000 FCFA. Ce que nous voyons sur le terrain ressemble à de l’indifférence vis-à-vis des règles. De nombreux fondateurs d’écoles fixent des frais qui vont jusqu’à 200 000 FCFA. Et cela se fait au vu et au su de tous. Qu’est-ce qu’on attend pour mettre de l’ordre dans tout ceci ?

Vous, les parents d’élèves et d’étudiants, que faites-vous pour améliorer la situation ?

Nous avons déjà initié plusieurs rencontres sur le sujet. Ce n’est pas faute de dénoncer cela. Ce que nous constatons c’est l’impuissance de l’Etat devant la situation. Au début, nous avons cru en la bonne foi de chacun. Mais aujourd’hui, ce sont les parents d’étudiants qui payent les pots cassés. Chaque année, nous lançons des appels pour que les frais d’inscriptions fixés à l’origine soient respectés, mais c’est toujours la même chose. Cela montre que les fondateurs n’ont aucun respect pour ce que l’Etat dit.

 

Un autre phénomène, ce sont les grossesses scolaires. Chaque année, des milliers de cas de grossesse sont recensés dans nos établissements. Avec quel œil vous, parent d’élèves, observez-vous cela ?

C’est très inquiétant pour les parents. Surtout que les cas de grossesses scolaires tendent à prendre de l’ampleur. Malgré la campagne de sensibilisation entreprise par le ministère de l’Education nationale, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, nos filles continuent à se faire engrosser impunément. Et nous pensons que cela est dû en grande partie à la pauvreté. Mais il y a aussi de nombreux cas où les jeunes filles, bien qu’à l’abri du besoin, prennent des grossesses à l’école. C’est pour cela que nous disons aussi que c’est un problème humain. La politique de zéro grossesse scolaire sera difficile à atteindre tant que nous n’aurons pas agi sérieusement sur les mentalités.

Raphaël TANOH

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