Trafic d’espèces protégées : la pression s’accentue sur les trafiquants

Le deuxième semestre 2017 marque un tournant décisif dans la lutte contre le trafic d’espèces intégralement protégées en Côte d’Ivoire. Lancée il y’ a peu, la traque a permis de mettre le grappin sur onze individus.

Mauvaise impasse pour les trafiquants d’espèces protégées serait-on tenté de dire.  Du mois de mai à juillet 2017, trois opérations majeures ont été menées par les autorités en étroite collaboration avec EAGLE-Côte d’Ivoire dans la capitale économique Abidjan. Avec à la clé, 11 arrestations de trafiquants. La première opération de mai a conduit à l’arrestation de trois trafiquants de 42,5 kg d’ivoires et de 7 peaux de panthères. Le mois suivant, la justice ivoirienne condamnait deux trafiquants de bébé chimpanzés à 6 mois d’emprisonnement ferme. Huit individus ayant fait de leur spécialité, la chasse, la collecte, et la vente d’écailles de pangolins ont été mis aux arrêts courant juillet, lors d’une opération gigantesque menée par les agents de l’unité de lutte contre la criminalité transnationale organisée (UCT). Depuis lors, ces trafiquants fauniques ont été entendus puis conduits à la maison d’arrêt de correction d’Abidjan (MACA) où ils attendent jugement.

 Le Projet EAGLE-Côte d’Ivoire, spécialisé dans le lutte contre le trafic d’espèces protégées dont son assistance technique permet aux autorités ivoiriennes de lutter efficacement contre le fléau ; s’est dit satisfait de l’avancée notable en matière de lutte, d’arrestation et de condamnation de trafiquants fauniques.  « C’est encourageant pour la suite (…) c’est le lieu de féliciter la justice et de les encourager davantage à ceux que les efforts conjugués de tous puissent freinent le trafic en Côte d’Ivoire » a affirmé avec satisfecit  les responsable de EAGLE-Côte d’Ivoire dans un communiqué dont JDA a reçu copie.

Tous ces individus incarcérés risquent une peine d’emprisonnement allant de deux à 12 mois ferme assortis d’une amende de 300 000 francs CFA. Une peine jugée très faible par Assaré Koffi Djoni, un pro-environnemental. « La peine est trop réduite (…) il faut que le législateur révise cette loi vielle de cinquante-deux ans. A cause de ces trafiquants cupides, on a quasiment plus d’éléphant dans notre pays.» lance-t-il. Inscrit sur la liste des espèces menacées de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), l’on comptait au début du XXe siècle, 20 millions d’éléphants en Afrique. 1,2 million en 1980, il en reste 500.000 éléphants aujourd’hui.

Présent dans neuf pays d’Afrique, le réseau EAGLE a permis l’arrestation de près de deux mille (2000) trafiquants opérant dans le trafic d’espèces intégralement protégées. Parmi eux, plus de la moitié ont été sévèrement condamnés selon les lois en vigueur dans les pays.

Ouakaltio OUATTARA

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