Dr Karamoko Vasseko : « La sécurité des enfants est un problème »

Les parents ont-ils démissionné dans l’éducation des enfants ? Dans cet entretien, Dr Karamoko Vasseko, sociologue à l’université Félix Houphouët Boigny, spécialiste en éducation, revient sur leur rôle. Et ce dans un contexte où les enfants défient de plus en plus l’autorité.

Ce sont les périodes de congés, les élèves vont être oisifs. Malheureusement, on assiste parfois à des actes de violences avec l’approche des fêtes et l’encadrement des enfants devient problématique…

La période des vacances est un contexte qui est sociologiquement porteur de chances, du point de vue des enfants. Car ils sont oisifs. Mais le sens du congé chez les parents, par exemple, est synonyme de détente. Après la rentrée, l’enfant a été confié à l’institution scolaire et pendant les congés il est confié à une autre institution : l’institution familiale. C’est ce qui pose problème. Car, en ce moment, les parents eux ne sont pas en congé et la sécurité des enfants est un problème.

Que faut-il faire dans ce cas ?

Il faut confier l’enfant à une tierce personne. C’est une période au cours de laquelle l’enfant ne doit pas se désorienter et a besoin qu’on le suive. Le parent veut voir l’enfant s’épanouir. Car il est chargé de l’amour et de l’attention. La sécurité est très importante. À l’école, l’enfant est l’élève, pas à la maison.

Pendant les fêtes, on voit de plus en plus les enfants investir les lieux publics. Pourquoi ?

La fête est un moment de sociabilité intense, d’extase, de relâchement des règles. Tous les acteurs sont libérés Il y a donc un desserrement des structures d’éducation, les règles sociales sont dilatées, on assiste à du laisser-aller. D’un point de vue historique, les parents ont toujours permis aux enfants de se promener, de prendre plaisir, de découvrir l’environnement. Cela participe de la socialisation. Il s’agit d’amener l’enfant à s’identifier dans l’espace urbain, à se construire, à participer à l’activité sociale. Avec la nouvelle configuration des pratiques, le vol, la violence, ce n’est pas seulement l’enfant qu’il faut voir, mais tous les acteurs qui sont en jeu.

Que conseillez-vous pour y arriver ?

L’État doit participer à l’éveil des consciences. Tout commence par l’école, qui est le cadre de formations des acteurs. Si l’école est divisée, cela aura des répercutions. Ensuite, les parents doivent de plus en plus s’impliquer dans l’éducation de leurs enfants.

Entretien réalisé par Raphaël TANOH

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