École pour tous : Quel bilan à mi-parcours ?

La Côte d'Ivoire a fait de l'éducation l'une de ses priorités dès son accession à l'indépendance. Mais la culture et les crises socio-politiques ont longtemps plombé le système éducatif ivoirien. Avec la loi sur l’école pour tous, un départ nouveau a été amorcé.

Le vote en 2015 de la loi portant obligation de la scolarisation de tous les enfants de 6 à 16 ans a été un grand pas dans la politique scolaire de la Côte d’Ivoire. Une politique qui a facilité l'inclusion et l'élargissement de l'accès à une frange importante de la population, la jeune fille en particulier. Ainsi, pour l’année scolaire 2018 - 2019, 928 485 filles pour 1182 014 garçons, sur 2 110 499 élèves ,ont été inscrites dans le secondaire général. Pour les autorités, il reste beaucoup à faire. Car environ un million de filles n’accède pas au secondaire. Toujours dans le cadre de l’école pour tous, 137 malentendants ou malvoyants ont été inscrits dans des établissements de 13 régions, où ils étudient normalement avec leurs camarades, dans des classes communes. Des « classes passerelles » permettent à ceux qui n'ont pas été scolarisés à temps ou qui sont restés hors du système éducatif de renouer avec l'acquisition du savoir formel enseigné à l'école. Des cours d'alphabétisation sont initiés à l'intention des adultes, pour qu'ils ne soient plus des « parias, qui ne comprennent pas la société qui ne les comprend pas ».

Programme transversal « Nous avons accentué l'inclusivité de l'éducation avec la loi sur l'école obligatoire », peut se réjouir la ministre de l’Éducation nationale, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Selon Kandia Camara, ce qui est surtout réjouissant, c’est que la politique de scolarisation obligatoire fait obligation aux parents de scolariser tous leurs enfants, garçons et filles, mais aussi au gouvernement de construire de nouvelles écoles de « proximité », pour rapprocher l'école des apprenants, de recruter des enseignants, de doter les écoles  primaires de cantines, de mener une lutte farouche contre les grossesses en milieu scolaire. Pour Vahama Kamagaté, expert en communication impliqué dans la Stratégie nationale d’intégration des écoles islamiques dans le système formel, la politique d’éducation pour tous est transversale. En même temps que les autorités cherchent à envoyer les enfants à l’école dès le bas âge, il faut s’occuper de ceux qui ont déjà échappé à ce programme. Et cela constitue pour lui le plus difficile. En clair, à l’entendre, c’est une politique qui nécessite l’aide et la compréhension de tous les Ivoiriens. Et un programme qui demande énormément de moyens, humains et financiers, dans un contexte de surpopulation de certaines écoles.

Raphaël TANOH

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