Zakat : Un pilier de l’Islam peu respecté

La Zakat, le troisième pilier islamique suscite de la polémique.

Instaurée en 2010, la Fondation Zakat a du mal à décoller. Une situation qui symbolise la faible place que les musulmans accordent aujourd’hui au 3ème pilier de l’Islam.

On le sait, le seuil d’imposition pour la zakat a été fixé cette année en Côte d’Ivoire à 357 000 francs CFA. L’information émane de la Fondation Zakat, une association à but non lucratif, instituée par la communauté musulmane ivoirienne, dont le Conseil supérieur des imams, des mosquées et des affaires islamiques (Cosim).

Problèmes Cette aumône légale, imposée annuellement sur les ressources financières épargnées (2,5%) et visant à lutter contre la pauvreté et la misère dans la communauté, est de moins en moins honorée comme il se doit. « Nous savons tous où se situe la Maison de la Zakat, sur la route du zoo. Elle a été créée pour recueillir l’aumône des fidèles et la distribuer aux plus démunis. Mais les gens n’y vont pas », se désole Youssouf Konaté, l’imam de la mosquée de la base navale de Locodjro. Selon l’imam Konaté, seule une infime partie des riches musulmans s’acquitte de ce dû. Ce qui ne signifie pas forcément que les musulmans n’honorent pas le 3ème pilier de l’islam, souligne le guide religieux. « Bien sûr, ceux qui n’ont pas la possibilité de s’adresser directement aux pauvres et aux nécessiteux peuvent donner la zakat aux imams pour que ces derniers la distribuent aux personnes qui sont dans le besoin. Mais les imams reçoivent-ils ces zakats ? ». Dans le temps oui, mais aujourd’hui ce n’est plus le cas, d’après Mory Koné, l’imam de la mosquée Al-Houda Wa Salam d’Adjamé-Payet extension. « Avant, les gens venaient donner la zakat aux imams pour qu’ils la distribuent. Mais c’est rare aujourd’hui », explique-t-il. Il n’y a pas d’études ni de chiffres, mais le constat est qu’au sein de la communauté musulmane, les plus nantis tournent le dos à ce pilier de leur religion. La période idéale pour s’acquitter de la zakat est ce mois de Moharam 1441 (premier mois de l’année hégirienne), correspondant au mois de septembre 2019 de l’année grégorienne. Cette distribution de biens, d’après les guides religieux, est destinée aux pauvres, aux indigents, à ceux qui la prélèvent, à ceux qui se convertissent à l’Islam, à l’affranchissement des jougs, à ceux qui sont lourdement endettés, aux travailleurs dans le sentier d’Allah et aux voyageurs en détresse.

Raphaël TANOH

 

 

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