Mutilations génitales féminines : La tolérance zéro est-elle possible ?

Alors que les politiques de lutte contre les violences faites aux femmes sont de plus en plus efficaces en Afrique et en Côte d’Ivoire, la question des mutilations génitales féminines est toujours aussi préoccupante.

La Journée internationale tolérance zéro aux mutilations génitales féminines (MGF) n’est pas passée inaperçue en Côte d’Ivoire. Selon l’Institut national de la statistique, le taux national de femmes et de filles ayant subi une MGF est passé de 45% en 1998 à 38% en 2012, pour atteindre 36,7% en 2016, avec 10,9% ayant un âge compris entre 0 et 14 ans. « Si cette tendance est maintenue, notre pays pourra atteindre la barre de moins de 30% de taux de prévalence dans les toutes prochaines années », peut se réjouir Ramata Bakayoko Ly, ministre de la Femme, de la famille et de l’enfant. Pour Djiguiba Cissé, PCA de la Fondation Djigui (La grande espérance), spécialisée dans la lutte contre ce fléau, le Nord et l’Ouest du pays sont les zones les plus touchées.

Inquiétudes Et il y a lieu de s’inquiéter, pour le guide religieux, même si des avancées notables sont à saluer. Car, explique l’imam de la mosquée Salam du Plateau, 97% des excisions sont pratiquées par des exciseuses traditionnelles, avec des conséquences désastreuses : une absence totale de vie sexuelle, des infections insoutenables, la mort. En 2018, indique un rapport de l’Organisation des Nations Unies, le nombre de filles et de femmes ayant subi une forme de MGF était estimé à plus de 200 millions dans 30 pays. Si rien  n’est  fait  d’ici  à  2030,  68  millions  de  filles  et  de  femmes, dont  50 en Afrique, subiront une forme de MGF. Les choses évoluent en Côte d’Ivoire, mais il n’y a pas encore de véritables acquis. Pour l’instant, depuis le premier emprisonnement d’exciseuse en 2012, l’approche a changé. Djiguiba Cissé se félicite de la reconversion de plusieurs exciseuses rendue possible grâce à Djigui. Avec un objectif de tolérance zéro aux mutilations génitales féminines en 2030, la Fondation et les autorités ivoiriennes doivent encore se pencher sur les causes des MGF : tradition, recherche de la chasteté et de la fidélité chez la femme, question d’honneur. « La situation pourra s’améliorer avec la prévention, la prise en charge des victimes par des structures sociales de base spécialisées et la répression des auteurs et leurs complices, qui sont les axes majeurs de l’intervention de l’État », souligne la ministre Bakayoko Ly Ramata.

Raphaël TANOH

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