Liberté syndicale : Jusqu’où peut-on aller ?

Cinq syndicalistes ont été interpellés et traduits devant les tribunau

Dans la recherche d’explications aux récentes manifestations en Côte d’Ivoire, la question de la liberté syndicale revient très souvent. Les syndicats sont violents, accuse l’autorité ; les grévistes sont emprisonnés, répondent les syndicats.

La vidéo a fait le tour des réseaux sociaux. L’on y voit un enseignant en train de détruire du matériel universitaire. Une réaction qui fait suite à l’arrestation de deux autres enseignants, poursuivis pour avoir perturbé une réunion du Conseil de discipline de l’université. Soupçonnés de perturber les examens, des enseignants ont été poursuivis et interpellés par la police. La scène ressemble à un western. Mais de nombreuses organisations syndicales du public crient à l’injustice. La liberté syndicale, disent-elles, n’est pas respectée. La présidence de l’université estime que ce sont des actes de brigandage. Lors des grèves précédentes, l’on a vu des agressions d’enseignants par d’autres enseignants, sous prétexte qu’ils ne respectaient pas la grève. Jusqu’où peuvent aller les syndicats dans leurs revendications ? Et quelles sont les limites de l’autorité ?

 

Tous coupables ? Le plus souvent, explique le Professeur N’Guessan Kouamé, secrétaire national de la Coordination nationale des enseignants et chercheurs (CNEC), « lorsque des travailleurs sont actifs dans un syndicat, ils sont la cible de la hiérarchie. À l’université de Korhogo, par exemple, plusieurs de nos camarades de la CNEC ont été empêchés d’aller au CAMES. Il y a également d’autres formes de sanctions, allant des blâmes à la suspension, voire à la radiation ». Vision partagée par Gnagna Zadi Théodore, président de la Plateforme nationale des organisations professionnelles du secteur public. « La liberté syndicale n’est pas respectée. Vous avez vu plusieurs de nos camarades en prison », assène-t-il. Pour lui, les accusations portées par la présidence de l’université ne tiennent pas. Il y a souvent, dit-il, une pression arbitraire de l’autorité, qui pousse les syndicalistes à des débordements.  Ce qui, pour Gnagna Zadi Théodore, a un rapport avec la situation générale du pays. C’est pour cela que, par moments, on trouve que certains leaders syndicaux sortent du cadre. Tout le monde est fautif, d’après lui. « Nous avons toujours tenté d’agir selon les textes », insiste le syndicaliste. N’Guessan Kouamé reconnaît lui aussi qu’il y a parfois des seuils que les syndicats dépassent. « Nous insistons sur la formation de nos membres. Un syndicaliste qui n’est pas formé constitue un danger pour lui et pour les autres », explique le secrétaire national de la CNEC.  

 

Raphaël TANOH

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