Covid-19 : Quand les violences conjugales inquiètent

La Côte d’Ivoire, à l’instar du reste du monde, fait face à des mesures drastiques pour endiguer le coronavirus. Parmi elles le confinement, le couvre-feu, la fermeture des lieux publics qui engrangent de l’argent. Source de stress et de proximité, cette situation entraîne de plus en plus de violences conjugales.

C’est une vidéo qui a fait le buzz sur le web. Une femme qui se jette du 3ème étage de son appartement à Yopougon, dans la nuit du 18 avril dernier, pour échapper, selon un commentaire dans la vidéo amateur, à un mari violent. La victime indiquera plutôt qu’elle était ivre et que son conjoint tentait de lui porter secours. Depuis, plusieurs personnes estiment qu’à l’instar des pays européens, la situation actuelle de nombreuses femmes, pendant cette crise sanitaire où le couvre-feu oblige les couples à la proximité, au stress et à la pauvreté, est caractérisée par une flambée des violences conjugales. Selon les services de police, la capitale économique n’est pas la seule ville touchée. Dans la nuit du 27 avril, à Bouaké, les sapeurs-pompiers ont porté secours à une mère de six enfants qui venait d’être battue par son conjoint. Les agents de police du commissariat de police du 3ème arrondissement qui sont intervenus ont relevé des enflures sur ses lèvres et son visage. Elle sera conduite à l’hôpital. Des cas similaires ont été recensés à Vavoua, à Katiola.

Taux inquiétant En 2019, à la suite d’une enquête menée par l’ONG Citoyennes pour la promotion et la défense des droits des enfants, femmes et minorités (CPDEFM), il avait été noté que plus de 70% des femmes sont victimes de violences conjugales à Abidjan. L’ONG avait également relevé une vingtaine de féminicides dans la capitale économique ivoirienne la même année. Or, selon le ministère de la Femme, de la famille et de l’enfant, les violences conjugales ont augmenté dans cette période de confinement en Côte d’Ivoire. À la suite des dernières agressions relevées, Bakayoko-Ly Ramata est montée au créneau il y a quelques jours pour dénoncer ces faits. Pour la ministre, « le stress ne saurait être un prétexte pour la prolifération des violences conjugales ». D’après Sylvia Apata, juriste experte des droits des femmes, si ces violences arrivent, c’est aussi parce que la société ivoirienne conçoit la violence conjugale comme quelque chose de normal. Son organisation, laCPDEFM, est en ce moment sur le terrain et tout indique que le prochain rapport de l’ONG sur les violences conjugales va faire grincer des dents.

Raphaël TANOH 

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