Zondé Zoko Stéphane est le secrétaire général de la Fédération de l’enseignement, la formation et la recherche de Côte d’Ivoire (FER-CI), également secrétaire général national du Syndicat national des professionnels d’orientation de Côte d’Ivoire (SYNAPOCI).
Les autorités éducatives viennent d’interdire les cours de renforcement à l’école. Cette décision est-elle la bienvenue ?
Quand on interdit les cours de renforcement, il faut créer les conditions pour ça. Il faut faire en sorte que les salles de classe ne soient pas bondées ; il faut créer plus de classes, améliorer le ratio professeur/élèves. Avec les effectifs pléthoriques par classe, les professeurs ne peuvent pas encadrer tous les élèves. Certains élèves ont besoin d’avoir des cours de renforcement pour mieux comprendre. Nous pensons qu’il vaut mieux structurer ces cours plutôt que de les interdire.
Vous aviez promis reprendre la bataille pour l’obtention de la prime à la rentrée. Est-ce le cas ?
La question de la prime a été le ciment de toutes nos activités depuis 2023. Nous ne saurions entamer cette année scolaire sans l’annoncer. Nous pensons que le point d’achèvement de ce combat doit être pendant cette année académique 2026-2027. Si ça peut venir même avant la fin de l’année, ce sera une bouffée d’oxygène. L’école est le reflet de la société. Et ceux qui forment les citoyens de demain, ce sont les enseignants. Ils méritent donc la prime d’incitation.
Vous semblez en ce moment divisés. Cette prime n’a-t-elle pas affaibli les syndicats au contraire ?
Il n’y a aucun enseignant aujourd’hui qui peut ramer contre-courant de cette dynamique. Certes, il y a une divergence de méthode mais l’objectif est le même. Quand il sera question de donner de la voix pour la mobilisation, tout le monde répondra présent.
Vous vous êtes désunis de l’IS-MENA, pourtant…
Oui, nous nous sommes retirés de l’IS-Mena. Le problème c’est que le camarade Bli Blé a fait valoir ses droits à la retraite. Il n’est plus légitime pour mener la lutte. Nous sommes dans une unité d’action syndicale. Ceux qui animent les syndicats doivent être en activité et parler au nom des travailleurs.
La troisième trêve sociale arrive. Vous sentez-vous concernés ?
Aujourd’hui, l’Etat s’est choisi ses propres interlocuteurs. Or, de façon objective, ce sont les travailleurs qui doivent choisir leurs interlocuteurs. C’est pourquoi nous demandons les élections professionnelles. Ces élections doivent permettre de savoir quelle centrale peut légitimement parler au nom des travailleurs. Ceux qui représentent les travailleurs à la table de la trêve sociale n’ont pas été choisis par les travailleurs. Voilà pourquoi la trêve a des difficultés à être appliquée. Nous, par exemple, ne nous reconnaissons pas dans ces trêves signées.
Vous représentés également les inspecteurs d’orientation. Peut-on dire que les élèves sont mieux orientés aujourd’hui ?
En 2021, nous avons dénoncé la manière dont les nouveaux bacheliers sont orientés dans le supérieur, mais on nous a fait entendre que notre influence s’arrêtait aux portes du supérieur. Les conditions et les critères pour accéder aux filières universitaires ne sont pas connus de l’enfant, alors qu’il en a besoin. Avant, on se servait de la moyenne pondérée qui prend en compte les notes en classe et les notes à l’examens, pour orienter l’élève. Cela reflétait les aptitudes de l’orienté. Mais si on se limite seulement aux notes à l’examen pour faire l’orientation de l’enfant, c’est une erreur.
Entretien réalisé par Jonathan LARGATON


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