Vingt ans aprčs le déversement des déchets toxiques du Probo Koala ā Abidjan, les conséquences de cette catastrophe environnementale continuent de nourrir les préoccupations en Côte dIvoire. Le Conseil national des droits de lHomme (CNDH) a profité, ce mercredi 16 septembre 2026 ā Genčve, dune intervention devant les instances des Nations Unies pour appeler ā une meilleure protection des droits humains face aux substances toxiques et aux déchets dangereux.
Le président du CNDH, Dr Adjelou Christian Arnaud, a rappelé que le drame survenu en août 2006 avait provoqué des dizaines de milliers d’intoxications et laissé des effets sur les sols, les nappes phréatiques et la chaîne alimentaire. « Le stockage, le déversement et la prolifération de ces produits constituent une atteinte directe à la dignité humaine », a-t-il déclaré.
Deux décennies plus tard, l’institution affirme continuer de recevoir des requêtes liées à cette affaire. Elles portent notamment sur les indemnisations, l’exécution des décisions de justice et l’accès des victimes à des soins spécialisés. Pour le CNDH, cette situation montre que les conséquences d’un désastre environnemental peuvent s’inscrire dans la durée et affecter durablement les droits fondamentaux.
L’institution a également alerté sur trois autres risques tels que l’orpaillage clandestin et l’utilisation du mercure et du cyanure, le traitement artisanal des déchets électroniques ainsi que le stockage des pesticides obsolètes.
Au plan international, le CNDH a plaidé pour le renouvellement du mandat du Rapporteur spécial de l’ONU sur les substances toxiques. Il a également appelé à une application renforcée des conventions de Bâle, de Rotterdam et de Bamako afin de lutter contre les transferts illicites de déchets vers les pays en développement.
Au niveau national, plusieurs mécanismes ont été présentés, dont un département dédié à l’Environnement et au Changement climatique, un « Mécanisme Victimes » et 31 commissions régionales.
Le CNDH a enfin appelé à financer une économie circulaire sûre et à instaurer un accompagnement durable des victimes. « La dégradation durable de l’environnement fragilise directement les droits fondamentaux », a dit Dr Adjelou.
SYS


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