Entre pertes forestières massives, vies brisées et villages dévastés, les feux de brousse continuent de fragiliser l’équilibre écologique et social du pays. À Niakara, les autorités forestières sonnent l’alerte et appellent à une mobilisation collective.
La Côte d’Ivoire paie un lourd tribut aux feux de brousse. Entre 2019 et 2025, près de 200 000 hectares de forêts ont été détruits sur l’ensemble du territoire national, a révélé le directeur régional des Eaux et Forêts du Gbêkê et du Hambol, le colonel Banga Anvoh. À ce bilan déjà alarmant s’ajoutent plus de 5 000 hectares de cultures vivrières et pérennes ravagées, 94 habitations réduites en cendres, huit villages incendiés et 16 personnes tuées.
Ces chiffres ont été rendus publics ce mercredi 21 janvier 2026 à Niakara, à l’occasion du lancement de la campagne 2026 de lutte contre les feux de brousse. Selon le colonel Banga Anvoh, ce phénomène constitue aujourd’hui la troisième cause de dégradation de la forêt ivoirienne, après l’agriculture extensive et l’exploitation forestière abusive. Chaque année, a-t-il déploré, ces incendies laissent derrière eux désolation, pauvreté accrue et fragilisation des écosystèmes.
Les causes sont connues et largement humaines comme les brûlis agricoles mal maîtrisés, activités de chasse, récolte du miel par le feu, fabrication de charbon en saison sèche, feux de cuisson abandonnés ou encore mégots de cigarettes jetés en pleine brousse. Autant de pratiques à risque que le code forestier qualifie d’incendies incontrôlés dans le domaine forestier.
Face à cette menace persistante, la prévention s’impose comme l’arme la plus efficace. « Le feu, une fois déclenché, devient difficile à contrôler », a averti le directeur régional, appelant à des comportements responsables, surtout en période de sécheresse. Il a également plaidé pour la mise en place et la redynamisation des comités villageois de lutte contre les feux de brousse, avec l’appui technique des services des Eaux et Forêts.
Placée sous le thème « La lutte contre les feux de brousse, un combat pour tous », la campagne 2026 s’inscrit dans une dynamique de responsabilité partagée. La cérémonie s’est déroulée sous la présidence du préfet de Niakara, Maténin Ouattara, en présence des autorités administratives, traditionnelles et religieuses, des élus locaux et des forces vives, unies autour d’un même impératif qui est de préserver la vie, la terre et l’avenir.
SYS


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