Mamadou Kanigui Soro : Un Soro peut en cacher un autre

Les élections législatives de décembre 2016 auront confirmé sa rage de vaincre. Ecarté de la course par son parti, le RDR, il a déjoué les pronostics et depuis lors tient presque tête à sa direction.

En 2014, quand il crée avec des amis le Réseau des amis de la Côte d’Ivoire (RACI), il le présente officiellement comme une association qui milite pour le renforcement de la démocratie en Côte d’Ivoire, la sensibilisation citoyenne et le respect des Institutions de la République. Au fil des ans, le masque tombe et l’association se révèle être un mouvement politique de soutien au Président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, en délicatesse avec la direction de son parti, le Rassemblement des républicains (RDR).

Tenace Alors qu’il décide de briguer un second mandat de député, il verra ses ambitions contrariées par la direction de son parti, qui soutient officiellement que cette décision émane de la base militante. Les arguments ne le convainquent pas et il soutient être « victime de sa proximité avec le Président de l’Assemblée nationale ». Les joutes électorales lui donneront raison. Victorieux sous une bannière indépendante, il rejoint tout de même le RDR et ne cache guère sa préférence pour son « compagnon de luttes des années de braise, Guillaume Soro » dans la course à la succession au Président Ouattara pour 2020. De la détermination, le député de Sirasso (Nord) en a depuis sa tendre enfance. Frappé par la poliomyélite à l’âge de 4 ans, il ne s’est jamais laissé abattre, se souvient Célestin Konan, l’un de ses proches « C’est un homme à poigne, courageux, qui sait défendre ses convictions depuis le jeune âge » reconnait-il,  avant de se souvenir que Kanigui « jouait au football à quatre pattes au collège moderne de Guitry, où il a effectué ses études secondaires. »

Quand deux « Soro » se croisent … Déjà, au collège, Kanigui s’était fait remarquer à la tête d’une protestation contre le retrait de la bourse de certains élèves. Une fronde qui a « failli lui coûter la vie », témoigne toujours Célestin Konan. L’autre Soro, il le rencontre à l’université, en 1995, à la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI). À 44 ans, Kanigui Soro, molesté en novembre 2001 sur le campus universitaire alors que la FESCI était dirigée par Charles Blé Goudé, est presque l’alter ego du Président du Parlement ivoirien. Sentant que sa voix porte de moins en moins au sein de son parti,  le député de Sirasso fait partie des militants du RDR pour lesquels les jeux sont faits. Guillaume Soro n’a pas sa place au congrès de ce parti du 9 septembre, comme en témoigne l’appel lancé le weekend dernier par la section du RACI de Bouaké.

                                                                                                                                                   Malick SANGARÉ

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