FPI : Deux camps, deux stratégies pour faire libérer Gbagbo

Entre Pascal Affi N’Guessan et Aboudramane Sangaré, les divergences de vues sont nombreuses.

Les jours passent et se ressemblent au Front populaire ivoirien (FPI) où partisans de Pascal Affi N’Guessan et de Aboudramane Sangaré ne s’accordent plus sur aucun sujet, poussant la division jusque sur la stratégie à adopter pour obtenir la libération du fondateur du parti, Laurent Gbagbo.

Diplomatie contre actions de masse. Ainsi pourrait se résumer la guerre que se livre depuis deux ans les deux tendances au FPI. Tirant les leçons de la perte du pouvoir en avril 2011, la branche conduite par l’actuel président, Pascal Affi N’guessan, que ses adversaires accusent de vouloir « tourner la page de Gbagbo», a décidé de faire de la « diplomatie », l’essence de sa stratégie. L’ex Premier ministre multiplie à cette fin les tournées politiques européenne et africaine. En mars 2015, il avait déjà effectué une mini-tournée dans la sous-région, au cours de laquelle il avait pu rencontrer les chefs d’États du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta et du Niger, Mahamadou Issouffou. Il a toutefois échoué à rencontrer le président guinéen Alpha Condé, le Sudafricain Jacob Zuma et l’Angolais Edouardo Dos Santos. L’objectif de cette offensive est, à n’en point douter, de solliciter un lobbying international pro-Gbagbo. Ain- si, depuis quelques jours, Affi N’Guessan a encore repris son bâton de « diplomate», mais cette fois pour la France, où il a rencontré quelques officiels.

«Faire beaucoup de bruit»

En interne, cette stratégie est moquée par ses adversaires. « La haute diplomatie qui va sauver la Côte d’Ivoire ! », écrivait avec ironie sur Facebook le cyber-activiste Fabrice Lago, dit Steve Beko, en légende d’une vidéo de M. N’Guessan. Pour ce porte-voix de la fronde antiAffi sur les réseaux sociaux, il faudrait plutôt des actions de masse, notamment des meetings ou rassemblements. Marthe Ago, anciennement à la tête d’un secrétariat national « spécialement dédié à la coordination de la lutte pour la libération » de l’ancien président, avait livré son ambition pour l’at- teinte de cet objectif commun : «faire beaucoup de bruit». Affi N’Guessan n’avait pas manqué de la tourner en dérision, la qualifiant de «disc jockey». « Quand Ago Marthe dit à Paris de faire du bruit, c’est avec du bruit qu’on va libérer Gbagbo ? On aurait dû ramasser tous les DJ à Abidjan pour aller libérer Gbagbo », avait-il ironisé, lors d’une conférence de presse fin février 2015. Le lancement d’une pétition internationale, dernière action stratégique à peine mise en œuvre par le camp Sangaré,n’échappe pas à la règle desdésaccords et des critiquesacerbes du camp opposé.«Aucune pétition ne peutfaire libérer Gbagbo », écrivait le 23 juin sur Facebook,Sanogo Mamadou, membrede l’équipe de communica- tion de l’ancien PM. Comme quoi, dans la symphoniedu FPI pour la libération deGbagbo, les violons sont loind’être accordés.

 Serge Alain KOFFI

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