EDS : La gauche en quête d’unité

Après les échecs des précédentes coalitions de l’opposition, Ensemble pour la démocratie et la souveraineté pourra-t-elle réussir ?

Avec la récente création d’une nouvelle coalition intitulée Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), la gauche ivoirienne semble en quête d’une nouvelle unité pour faire face aux futures échéances électorales.

Après La majorité présidentielle (LMP), la Coalition nationale pour le changement (CNC), le Collectif de l’opposition démocratique (CODE), ou encore le Front du refus (FR), Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), nouveau regroupement de l’opposition, a été porté sur les fonts baptismaux le 20 avril 2017. Composé d’environ 16 partis politiques et syndicats, il comprend notamment la tendance Sangaré du Front populaire ivoirien (FPI), et des personnalités comme Danièle Boni Claverie, ou le député Stéphane Koudougnon.

 

Virage Les ténors de cette coalition avaient pourtant appelé à boycotter l’élection présidentielle de 2015, le référendum constitutionnel et les élections législatives en 2016, mais l’approche de la présidentielle de 2020 semble avoir modifié leur position. Dirigée par Georges Armand Ouégnin, secrétaire d’État dans le gouvernement mis en place par Laurent Gbagbo de décembre 2010 à avril 2011, la nouvelle coalition de la gauche ivoirienne veut désormais « compter sur l’échiquier politique ». Du moins, tel est le souhait d’Aboudramane Sangaré et de ses camarades, qui conditionnent leur participation à « une réelle transparence ». Alors qu’ils ne voulaient être d'aucun scrutin tant que Laurent Gbagbo ne serait pas libéré, ils emboîtent le pas à Affi N’Guessan, actuel leader légal du FPI et candidat en 2015. Les initiateurs d'EDS annoncent « être ouverts au dialogue avec le pouvoir », ce qui semble amuser le camp « Affi », qui estime « avoir eu raison trop tôt. »

Bloc contre bloc ? Après l’Alliance des forces démocratiques (AFD) et le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), EDS constitue désormais le 3èbloc en course pour la présidentielle de 2020. Une nouvelle donne qui pourrait amener les cadres de l’alliance au pouvoir à réviser leurs ambitions individuelles en redonnant vie au RHDP, presque devenu une coquille vide. « Dans chaque coalition, on jouera sur les effets du temps et des réalités du moment », croit savoir un cadre du PDCI, pour qui il n’est pas question de renoncer à une candidature de son parti, avec ou en dehors du RHDP. Face à un RDR qui « doit conserver le pouvoir en 2020 », selon son secrétaire général par intérim, Amadou Soumahoro, le désir d'alternance du PDCI pourrait bel et bien être contrarié. À moins que l’opposition ne donne des signes d’une unité retrouvée. Pari difficile, alors qu’ils refusent encore de se parler.

 

Ouakaltio OUATTARA

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