Les Institutions nationales de médiation, en particulier le Médiateur de la République, jouent un rôle central dans la résolution pacifique des conflits et la promotion de la cohésion sociale.
À travers une médiation fondée sur le dialogue, l’écoute et la recherche de solutions amiables, elles offrent une alternative crédible à une justice souvent lente et coûteuse, tout en contribuant à désengorger les tribunaux.
En complément de la médiation institutionnelle ou étatique incarnée par le Médiateur de la République, la médiation professionnelle, encadrée par l’OHADA et dont l’Acte Uniforme a été adoptée le 23 novembre 2017 à Conakry (Guinée), permet de traiter les litiges privés, renforçant ainsi les mécanismes de règlement amiable des différends. Ensemble, ces dispositifs favorisent la paix sociale et limitent les tensions dans la société.
En Côte d’Ivoire, l’Institution Le Médiateur de la République, issue de la transformation de l’Organe Présidentiel de Médiation (OPREM) en 2000, par la Constitution n°2000-513 du 1er août 2000, s’est progressivement imposée comme une autorité administrative indépendante, au cœur de la gouvernance et du vivre-ensemble. Son champ d’intervention couvre notamment les litiges administratifs, les conflits communautaires et la protection des personnes vulnérables.
Le renforcement de ses pouvoirs avec la nouvelle loi organique n°2022-220 du 25 mars 2022, qui lui accorde un pouvoir d’injonction, ainsi que la possibilité de nomination de Médiateurs Délégués dans chaque région du pays, témoignent de son importance croissante.
Cependant, malgré les succès enregistrés au quotidien au bénéfice de ses usagers, l’Institution le Médiateur de la République reste encore trop méconnue du grand public. Une meilleure communication, un élargissement de ses compétences sur certaines préoccupations d’ordre privé et une plus grande proximité avec les populations apparaissent nécessaires pour accroître son impact.
Nonobstant ces obstacles à franchir, le Médiateur de la République s’affirme comme un pilier du dialogue social, de la bonne gouvernance et de la stabilité nationale, dans un contexte où la prévention et la gestion pacifique des conflits demeurent des enjeux majeurs.
Aujourd’hui, le Médiateur de la République est Membre de l’Association des Médiateurs des Pays membres de l’UEMOA (AMP-UEMOA) et de l’Association des Ombudsmans et Médiateurs Africains (AOMA).
Elle est en outre membre de l’AOMF (Association des Ombudsmans et Médiateurs de la Francophonie (AOMF) qui réunit tous les pays ayant en partage la langue française.
Dans les pays anglophones, cette fonction est désignée par le terme « Ombudsman », tandis qu’au Canada, on parle de Protecteur du citoyen. Dans tous les cas, la mission reste la même : défendre les droits des citoyens face aux abus, erreurs, omissions ou lenteurs administratives.
Notons que depuis le 10 mars 2026, l’Institution nationale de médiation a un nouveau Président, Monsieur Gaoussou TOURE, nommé Médiateur de la République pour un mandat de six ans non renouvelable.
Il devient le quatrième Médiateur de la République depuis la création de l’Organe national de médiation.
Ange DJENI Journaliste et Analyste Politique


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