Jean-François Brogrébgé : « Notre culture du basket n’est pas grande » 

Ancien international ivoirien, Jean-François Brogrébgé fut de 2006 à 2008 le capitaine des Éléphants basketteurs. Installé aux États-Unis depuis plusieurs années et à la tête d’une compagnie de business consorting à Los Angeles, il a été mandaté par la Fédération ivoirienne de basket-ball (FIBB) pour son expertise dans le cadre du Mondial de Basket 2019. JDA l’a rencontré pour en savoir davantage.

À quelques mois du début de la compétition, quel est l’état d’esprit des joueurs ?

Les joueurs sont motivés, mais, malheureusement, ils ont une petite peur parce que la culture du basket en Afrique n’est pas très grande. C’est plutôt le football qui est vraiment apprécié. La population ne réalise pas encore les enjeux d’une Coupe du monde de basket-ball. J’ai rassuré les joueurs en leur disant d’être heureux car ils font partie des 32 meilleures équipes au monde, étant parvenus à se qualifier pour cette Coupe 2019. C’est déjà une grande victoire. Maintenant il faut qu’on mette les structures en place pour pouvoir bien se préparer.

Le programme de préparation de l’équipe nationale va démarrer le 6 juillet prochain à Abidjan. Pourquoi vouloir commencer par ici ?

Nous allons faire une présentation des joueurs de l’équipe nationale, parce que les Ivoiriens ne les connaissent pas. Nous voulons changer la dynamique autour du basket-ball en Côte d’Ivoire. Nous allons présenter les entraineurs, nos sponsors internationaux ou locaux, la fédération et son président. Nous allons présenter tout cela au public ivoirien pour qu’il puisse juger de lui-même. Ensuite, nous nous rendons à Orlando, aux États-Unis, où nous seront reçus par les Orlando Magic. Ils nous ont prêté leur terrain pour nous entrainer et mis leur staff à notre disposition. Après, nous irons en Italie et en Espagne, où nous avons deux tournois prévus pour tester la préparation physique et nous mettre à niveau. Enfin, nous irons en Chine pour nous acclimater et jouer contre des équipes chinoises. N’oubliez pas que nous jouons contre la Chine en match d’ouverture de la Coupe du monde. À partir du 29 août, nous rallierons Pékin deux jours avant le démarrage de la compétition. Le 31 août prochain, toute la Côte d’Ivoire devrat être en train de regarder ce match d’ouverture. Nous avons déjà des prévisions d’un milliard de vues, avec 500 millions uniquement en Chine.

Sur le budget de 500 millions de francs CFA proposé par la fédération, elle n’a reçu que 257 millions. Comment comptez-vous récupérer le reste ?

Je tiens à dire que nous sommes en phase avec le ministère des Sports et des loisirs. Nous travailler à résoudre cela. Quand une équipe nationale se qualifie en février, alors que le budget a été bouclé en décembre, il est difficile de donner des milliards pour lui permettre de faire une bonne préparation. La fédération ivoirienne de basket-ball, ce n’est pas seulement l’équipe masculine, il y a les autres équipes, il y a le championnat à préparer. Quand c’est comme cela, il est difficile de faire sortir de l’argent en deux ou trois mois seulement. Ce que nous allons faire, c’est de créer un programme pour mobiliser les fonds. Nous allons rencontrer des entreprises de Côte d’Ivoire, en leur faisant des présentations avec le ministère de tutelle et la fédération. Nous allons aussi créer des évènements payants, lorsque les joueurs seront là, pour permettre à tout un chacun de mettre la main à la poche. Pour ce qui est de ma structure, nous allons amener ici quelques sponsors de l’extérieur.

L’équipe nationale avait obtenu une enveloppe de 4 milliards de francs CFA pour sa préparation à la CAN …

Ce n’est pas une injustice à mon sens si le basket-ball ne crée pas beaucoup de revenus. La culture du basket-ball en Afrique ne suscite pas encore beaucoup d’engouement. Ce que les autorités font pour le football, nous ne pouvons pas réclamer la même chose. Au contraire, nous devons trouver le moyen de travailler et de nous mettre en situation de susciter le même engouement que le football dans notre pays. Si le football et le basket avaient le même poids ici, il est clair que les autorités auraient remis une plus grosse enveloppe à l’équipe nationale pour sa préparation.

Pour cette compétition, l’objectif visé par la fédération est que la Côte d’Ivoire accède au second tour. N’est-ce pas peu ?

Il faut avoir des objectifs réalistes. Ce niveau est envisageable. Nous pouvons l’atteindre avec le groupe que nous avons. Si nous parvenons à accéder au second tour, nous serons la première Nation africaine à atteindre ce stade de la compétition en Coupe du monde de basket-ball. Et, en plus, cela nous qualifierait pour les Jeux Olympiques de 2020 à Tokyo, au Japon.

Propos recueillis par Anthony NIAMKE

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