Guinée : L’opposition en ordre de bataille

Opposés à un troisième mandat du Président Alpha Condé, des contestataires projettent une grande manifestation le 29 septembre.

À l’issue d’une plénière, le 16 septembre, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), plateforme regroupant les principaux partis d'opposition et organisations de la société civile de Guinée, a annoncé la reprise le 29 septembre des manifestations de rue contre un troisième mandat du Président sortant, Alpha Condé. Quelques heures avant l'annonce des nouvelles marches, celui-ci a prolongé d'un mois l'état d'urgence sanitaire, en raison de la Covid-19. Cela permet donc au chef de l’État guinéen de maintenir des mesures exceptionnelles, dont l'interdiction des rassemblements, limités à 100 personnes. Les manifestations annoncées risquent donc d'être déclarées illégales, ce qui n’empêche pas la mobilisation du FNDC, qui ne faiblit pas et dit n’avoir besoin d’aucune autorisation.

Mobiliser

Sur le terrain, les militants s’activent pour préparer la manifestation, dont l’objectif est le départ d’Alpha Condé. Ibrahima Diallo, chargé des opérations du FNDC, a déclaré le 21 septembre que les lettres d’information seraient déposées dans les 48 heures (mardi et mercredi) dans les communes de Matoto, Matam et Kaloum. À part Conakry, pour cette première phase il y aura des rassemblements à Labé, Nzérékoré, Dubréka et Coyah, a-t-il précisé, avant de mettre en garde : « s’il arrivait que le gouvernement nous interdise de marcher, nous allons opposer une résistance à cette décision, parce que c'est un droit constitutionnel ». La tension est déjà vive en Guinée, à quelques jours de la manifestation et à moins d’un mois de la présidentielle, prévue pour le 18 octobre. Le même lundi, des étudiants de l'université Général Lansana Conté de Sonfonia ont battu le pavé pour dénoncer le coût élevé du transport à Conakry. Les forces de l'ordre les ont dispersés à l'aide de gaz lacrymogènes, selon le site guinéematin.com, qui précise que certains ont été arrêtés. Bien que décidé, le FNDC devra faire sans un important opposant. Le 9 septembre, la Cour constitutionnelle a validé 12 candidatures à l’élection présidentielle du 18 octobre, dont celle de Cellou Dalein Diallo. Sa participation au scrutin a créé des tensions au FNDC, conduisant à sa mise à l’écart. Diallo a dit avoir dû trancher un « dilemme », entre boycotter ou participer. Malgré de nombreux griefs il a tenu à participer : « pour accéder au pouvoir, il faut participer aux élections », s’est-il justifié.

Boubacar Sidiki Haidara

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