KENYA: Odinga se proclame ''président du peuple''

Isolé, raila Amolo Odinga ouvre une porte d’incertitude au Kenya.

Les partisans du chef de l’opposition, Raila odinga, se sont réunis mardi dans la capitale kenyane pour son investiture, malgré sa défaite électorale.

Deux camps s’affrontent, avec à leurs têtes les deux challengers du dernier scrutin présidentiel, l’actuel Président Uhuru Kenyatta et Raila Odinga, son principal adversaire. Ce dernier a prêté serment ce mardi 30 janvier, sans prendre en considération les avertissements des autorités qui qualifient un tel acte de « trahison ». « Moi, Raila Amolo Odinga (...), je prends la fonction de Président du peuple de la République du Kenya », a-t-il dit devant une foule de partisans à Nairobi. Alors que du côté du gouvernement, la menace était claire : toute diffusion médiatique de cet événement serait réprimée L’ancien Premier ministre refuse de reconnaître la réélection du Président sortant, après des mois de troubles. Lors du premier scrutin, le 8 août dernier, remporté par l’actuel chef d’État, le résultat avait été annulé suite à une décision de la Cour Suprême. Dès lors, un nouveau scrutin avait été organisé le 26 octobre 2017, mais Raila Odinga ne s’y était pas présenté, estimant que cette nouvelle élection ne serait pas juste. Sa désertion a eu pour conséquence la réélection d’Uhuru Kenyatta avec 98 % des suffrages. Lors de sa prestation de serment, le fils du premier Président du Kenya avait déclaré sur Twitter qu’il « acceptait gracieusement le mandat qui lui a été confié par le peuple kényan le 8 août. »         
Des tensions avec le pouvoir sont à prévoir, car le camp Odinga compte faire valoir ce qu’il estime lui revenir de droit, de même que la coalition de l’opposition, la Nasa. Ils préviennent les autorités de la poursuite de leur lutte pour le pouvoir « quoi qu’il advienne ». Cette investiture d’un nouveau genre n’a duré que cinq minutes, en l’absence, notable de trois leaders de la coalition de l’opposition : Kalonzo Musyoka, qui était censé prêter serment comme VicePrésident, Musalia Mudavadi et Moses Wetangula. Odinga a affirmé que les explications sur l’absence de ces ténors de l’opposition viendraient ultérieurement et que Kalanzo Musyoka prêterait serment plus tard. Cette situation inquiète l’ONG International Crisis Group, qui estime que Raila Odinga et Uhuru Kenyatta « jouent un jeu dangereux ». Cette nouvelle confrontation directe n’est pas sans rappeler la situation au pays après l’élection de 2007, lorsque des violences politico-ethniques entre partisans des deux hommes avaient éclaté, faisant des milliers de morts.

Founé DIARRA

 

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