Turquie : Erdogan, envers et contre l’Europe

À quelques jours du référendum constitutionnel controversé dans son pays, le président turc multiplie les attaques et les déclarations au vitriol. Ses cibles : les pays européens, avec en ligne de mire l’Allemagne et les Pays-Bas.

« Nous connaissons les Pays-Bas et les Néerlandais depuis le massacre de Srebrenica. Nous savons à quel point leur nature est pourrie depuis leur massacre de 8 000 Bosniaques », a lancé le président turc Erdongan à la télévision le 14 mars. Cette déclaration n’est que la dernière en date du « sultan des temps modernes », surnommé ainsi par certains de ces détracteurs. L’origine de cette pique se trouve dans l’interdiction d’entrée sur le territoire des Pays-Bas, le 8 mars, signifiée au ministre des Affaires étrangères turc Mevlut Cavusoglu qui devait tenir un meeting à La Haye. « Nous sommes d’avis que l’espace public néerlandais n’est pas l’endroit où mener la campagne politique d’un autre pays », justifiait le Premier ministre hollandais Mark Rutte. Excédé, Recep Tayyip Erdogan est monté au créneau pour dénoncer « l’effronterie » du royaume. Depuis le début de mois, plusieurs ministres turcs sont mobilisés pour convaincre les expatriés de voter « Oui » au référendum qui se tient le 16 avril prochain, et dont l’ambition est de transformer le régime parlementaire turc en régime présidentiel où les pouvoirs du président seraient renforcés. Une première mission avait été envoyée en Allemagne, pays qui compte la plus grande diaspora turque au monde, avec plus de trois millions de personnes. Mais la chancellerie allemande avait elle aussi annulé ces meetings le 2 mars. Et Erdogan ne s’est pas fait prier pour rappeler un passé peu glorieux de la première puissance européenne. « Allemands, vous devriez savoir que vos mesures actuelles ne diffèrent en rien de celle de la période nazie. Je croyais que vous aviez abandonné ces mesures depuis longtemps, je me suis trompé ».

Chantage « La chancelière n’a pas l’intention de participer à un concours de provocation », s’est contenté de commenter l’exécutif allemand. La Turquie, de son côté, n’entend pas laisser sans suite ce qu’elle considère comme des affronts. L’ambassadeur des Pays-Bas est d’ores et déjà persona non grata à Ankara et Erdogan brandit la menace de revoir sa position sur la question migratoire et d’ouvrir ses frontières pour laisser passer les migrants.

Boubacar Sidiki Haïdara

À LIRE AUSSI

L’Hebdo - édition du 23/03/2017
Voir tous les Hebdos
Edito
Par Ouakaltio OUATTARA

Fébrilité

Il n’est pas rare que des seconds couteaux du Rassemblement des républicains (RDR) et du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) s’attaquent à fleurets ...


Lire la suite
JDF TV L'actualité en vidéo
Recevez toute l’actualité

Inscrivez-vous à la Newsletter du Journal d'Abidjan et recevez gratuitement toute l’actualité