Chili : Les manifestations s’embrasent

Santiago, la capitale du Chili, est le théâtre de violents affrontements entre les forces de l’ordre et des manifestants depuis le vendredi 18 octobre.

Le mouvement a commencé pour protester contre l’augmentation des prix des tickets de métro, de 800 à 830 pesos, à Santiago. Des milliers de personnes empruntèrent alors les transports sans payer et déclenchèrent des manifestations en série, qui dégénèreront en émeutes générales. Face à cette protestation inédite, le Président chilien, Sebastian Piñera, a fait machine arrière et suspendu la mesure le lendemain. Pas suffisant pour les manifestants, qui ont continué leurs mouvements. En réponse, le gouvernement a été décrété un couvre-feu et instauré l’état d’urgence. C'est la première fois que des militaires patrouillent dans les rues du Chili depuis la fin de la dictature du général Pinochet. Près de 10 000 policiers et soldats sont déployés dans le pays pour tenter d'enrayer les émeutes qui éclatent dans les grandes villes. Depuis le début de la contestation on dénombre 11 morts. « Nous sommes en guerre contre un ennemi puissant, implacable, qui ne respecte rien ni personne et qui est prêt à faire usage de la violence et de la délinquance sans aucune limite », a affirmé le président Sebastian Piñera face à la presse le dimanche 20 octobre. Selon les autorités, 1 462 personnes ont été arrêtées, dont 644 dans la capitale et 848 dans le reste du pays. Après trois jours de violences, les centres de la capitale chilienne et d'autres grandes villes, comme Valparaiso et Concepcion, offraient des visages de désolation : feux rouges au sol, carcasses de bus carbonisées, commerces pillés et incendiés.

Excédés par les inégalités

Le président a invité le mardi 22 octobre l’ensemble des forces politiques à le rencontrer afin de trouver une issue à la crise, qui s’est muée en rejet de la classe politique et des inégalités qu’elle incarne. Le chef de l’État lui-même est l’un des hommes les plus riches du pays. Il s’est entouré au gouvernement d’un certain nombre d’amis qui ont très bien réussi dans les affaires. Ce fameux 1% qui détient au Chili 25 % de la richesse du pays, ce qui en fait l’un des pays les plus inégalitaires du monde, d’après les critères de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Inégalités qui ont fini par mettre un Chili inquiet dans la rue.

Boubacar Sidiki Haidara

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