Brunei : La pression s’accentue, le sultanat persiste

Le Sultan Haji Hassanal Bolkiah en passe de réussir son pari.

Depuis quelques jours, le sultanat de Brunei est sous la pression internationale. Son dirigeant, le sultan Haji Hassanal Bolkiah, a l’intention de renforcer la législation du pays, basée sur la Charia. La révision de la loi, qui devait entrer en vigueur le mercredi 3 avril, prévoit d’instaurer la lapidation en cas d’homosexualité ou d’adultère, en invoquant la loi islamique.

Selon l'ONU, la nouvelle législation de Brunei prévoit la peine de mort pour de multiples infractions, telles que le viol, l'adultère, les relations sexuelles extraconjugales pour les Musulmans, l'insulte ou la diffamation du Prophète Mahomet. Elle introduit également la flagellation publique comme punition pour l'avortement et l'amputation pour le vol. Elle criminalise également le fait d'exposer les enfants musulmans aux croyances et pratiques de toute religion autre que l'Islam. L'homosexualité, déjà illégale, sera désormais considérée comme un crime.

La peine de mort est déjà inscrite dans la législation du Brunei, mais la dernière exécution a eu lieu en 1957, selon l'ONU. « J'exhorte Brunei à maintenir son moratoire de facto sur l'application de la peine capitale », a déclaré Michelle Bachelet, Haut-commissaire aux Droits de l’Homme. Dans un communiqué, le 2 avril, la France a appelé Brunei à renoncer à cette législation, qu’elle juge contraire à ses « engagements internationaux ».

Appels au boycott

L'acteur américain George Clooney et le chanteur britannique Elton John ont appelé au boycott de neuf hôtels de luxe liés au sultan de Brunei. « Je félicite mon ami George Clooney pour avoir pris position contre la discrimination anti-gay et le sectarisme qui sévit dans le pays de Brunei - un endroit où les homosexuels sont brutalisés, voire pire - en boycottant les hôtels du sultan », a twitté le chanteur. Le bureau du Premier ministre de Brunei a diffusé mardi un communiqué rappelant que le pays avait un « double système judiciaire », l’un islamique, qui ne s’applique qu’aux musulmans, qui  représentent plus des deux tiers de la population, l’autre civil, qui concerne l’ensemble des habitants du pays.

« Avec l’entrée en vigueur complète » de cette loi islamique, « à partir du 3 avril, les deux systèmes continueront à s’appliquer en parallèle afin de maintenir la paix et l’ordre et de préserver la religion, la vie, la famille et les individus quels que soient leur genre, nationalité, race et confession », est-il écrit. Le gouvernement avait déjà annoncé en 2013 l’introduction progressive de la Charia. La petite monarchie de 430 000 habitants est dirigée par le sultan Hassanal Bolkiah depuis 1967.

Boubacar Sidiki Haidara

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