Prisons civiles : Y a plus de place !   

Les prisons accueillent plus du double de leur capacité initiale.

Alors que le gouvernement vient d’accorder la grâce présidentielle à 4 200 prisonniers en détention pour des délits mineurs, la question du désengorgement de nos prisons civiles refait surface.

Selon une source au ministère de la Justice et des droits de l’homme, on évalue aujourd’hui le nombre de personnes séjournant dans nos prisons civiles à plus de 19 000. Cela pour une capacité  d’accueil d’environ 7 000 détenus. Une situation compliquée qui a amené en avril dernier l’Église à tirer la sonnette d’alarme sur les conditions de vie des détenus. Dans son homélie à l’occasion de la Journée nationale des détenus, Mgr Antoine Koné, Président de la Commission épiscopale, avait  proposé, pour désengorger les 33 prisons que compte la Côte d’Ivoire, une grâce présidentielle. Ses vœux ont été exaucés, mais aujourd’hui il est devenu évident aux yeux de tous qu’il faudra beaucoup plus pour faire face au flot sans cesse croissant d’arrivée de détenus dans nos établissements pénitentiaires.

Surpopulation Prévue pour abriter 1 500 pensionnaires, la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) en compte plus de 7 000. A Man, pour une capacité de 368 places, on a un effectif d’environ 950 détenus. La prison civile de Dimbokro, qui offre 700 places, est très éprouvée. Et Gagnoa, Bouaké et Katiola ne sont pas en reste. Selon Paul Angaman, ancien Président  de l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture de Côte d'Ivoire (ACAT-CI), les prisons ivoiriennes se surpeuplent à un taux de 200% d’occupation. Les conséquences, d’après cet expert, sont les évasions et les conditions de vies exécrables. Dans le contexte politique particulier ivoirien, beaucoup de structures, qu’elles soient étatiques ou non gouvernementale, ont travaillé sur la situation des prisons civiles en Côte d’Ivoire. Si les chiffres divergent d’un rapport à un autre, l’élément sur lequel tous s’accordent, est la nécessité de la création de nouvelles prisons. Ce que le gouvernement a compris depuis 2015. Le ministre de la Justice, Garde des sceaux, avait affirmé à cette époque : « Vous savez que nos prisons ne sont pas au niveau des normes internationales. (...) Ce sont de vieilles prisons qui par moments présentent des défaillances ».  Le besoin réel  s’élève à 22 nouvelles prisons sur toute l’étendue du territoire national. Mais les autorités ivoiriennes projettent d’en construire d’abord 10, dont une nouvelle prison civile dans la commune de Port-Bouët. Les neuf autres sont prévues à Adzopé, Abengourou, Aboisso, Daloa, Grand-Bassam, Korhogo, Soubré, Sassandra et Issia, avec une capacité d’accueil de 300 à 500 places. Seul problème, le projet a pris du retard.

Raphaël TANOH

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