Attestation d’identité : Un palliatif « salé »

Les attestations d’identité produites par les commissariats sont jugées peu fiables.

L’attestation d’identité, qui a une durée de validité d’un an, permet au pétitionnaire d’accomplir ses actes de la vie civile en attendant d’avoir sa Carte nationale d’identité (CNI). Mais ce document administratif est souvent refusé dans certains services, au grand dam des usagers.

Comme son nom l’indique, l’attestation d’identité permet d’avoir des éléments d’identification sur l’usager qui la détient. Autrefois établi dans les cas d’exception, ce sésame est devenu obligatoire pour toute nouvelle demande de carte nationale d’identité. Il en est de même pour tous les candidats aux examens du BEPC et du baccalauréat ayant moins de 18 ans. Toutefois, cette attestation montre ses limites quand il s’agit d’accomplir certains actes de la vie civile. Ce qui suscite parfois des grincements de dents et des incompréhensions.

 

Document à problèmes ? L’établissement de cette pièce administrative constitue pour les pétitionnaires une traversée du désert qui ne dit pas son nom. Auparavant délivré au prix de 1 000 francs CFA, ce document a subi plusieurs augmentations irrégulières, pour atteindre parfois 5 000 francs CFA. « De façon officielle, l’attestation d’identité sécurisée coûte 3 500 francs CFA, mais quand on se rend dans les Commissariats on nous prend 5 000 francs CFA et même plus », dénoncent plusieurs requérants. Après les nombreuses plaintes enregistrées, le Directeur de l’état-civil et de l’identification à l’Office national d’identification (ONI), M. Meless Essis, s’est vu obligé d’inviter les commissariats et sous-préfectures au respect scrupuleux du prix fixé par sa direction. Un appel visiblement sans effet. Autre souci pour les détenteurs de l’attestation d’identité, cette pièce de substitution est rejetée par les institutions financières ivoiriennes dans le cadre d’opérations bancaires, et même pour les transactions les plus simples. « L’attestation d’identité n’est pas fiable, car n’importe qui peut se faire confectionner ce document à des fins d’escroquerie ou d’arnaque », explique à JDA un employé d’une banque de la place. Selon Christian Mimi, chargé de communication d’une autre banque contactée par JDA, la décision du refus de l’attestation d’identité est une instruction qui émane de la Banque centrale des états de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), qui souligne que pour toute transaction ou opération bancaire, la seule pièce à présenter demeure la Carte nationale d’identité. Dans les agences de transfert d’argent, c’est le même refus adressé aux clients présentant ce document. Raison invoquée, l’attestation d’identité subit une fraude à grande échelle, la plupart du temps dans le cadre des retraits de fonds. Résultat, après une longue bataille pour l’obtenir, elle ne sert finalement qu’à être présentée lors des contrôles de routine des forces de sécurité.

 

Anthony NIAMKE

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