Marchés ivoiriens : Le règne de l’insalubrité

L’une des raisons qui incitent à la construction aujourd’hui de nouveaux marchés, ce sont les conditions insalubres dans lesquelles les commerçants travaillent, sans aucune norme sanitaire. Chacun y trouvant finalement son compte, on s’y complait.

Ceux qui se rendent au grand marché d’Abobo, situé sur le flanc gauche de la mairie, doivent parfois avoir l’estomac bien accroché. C’est une épreuve tant pour les narines que pour les yeux. Le long de la voie engorgée, les eaux usées provenant des boucheries, mélangées aux autres résidus, forment des flaques d’eau glauques à l’odeur nauséabonde. Juste devant, sans la moindre gêne, les vendeuses de condiments étalent leurs marchandises. Les tomates, les piments, les aubergines. On peut trouver, presqu’à même le sol, du poisson, des pattes de bœuf, etc. À l’intérieur du marché, que ce soit dans l’espace réservé aux poulets ou dans celui de vente des céréales, l’insalubrité révolte. C’est quasiment le même constat dans la plupart des marchés de la capitale ivoirienne : Koumassi, Attécoubé, Adjamé, Marcory et même Cocody. Au niveau du forum des marchés d’Adjamé, il ne fait pas bon voir les conditions dans lesquelles les marchandises sont étalées. Poissons frais exposés presque sur le sol, condiments près de la boue, boucheries à proximité des eaux usées, etc. Ce sont des visions à couper l’appétit.

Choléra « La première chose à faire dans ces conditions, c’est de couvrir les marchandises qu’on expose. Mais, le plus souvent, dans ces marchés, ce n’est pas le cas. Et en cette période d’harmattan, ce qu’il faut surtout redouter c’est la poussière », explique le Docteur Guillaume Eno Akpess, Secrétaire général du Syndicat national des cadres supérieurs de la santé de Côte d’Ivoire (Synacass - CI). Les conséquences, à l’entendre, allant jusqu’à la fièvre typhoïde ou au choléra. Mais, en dehors des risques de maladie que peut courir la population, c’est l’image générale des marchés ivoiriens qui s’en retrouve écornée. « Ce sont des choses qu’on ne souhaite pas voir. C’est pour cela que nous faisons de la sensibilisation pour amener les vendeurs à prendre soin de leurs environnement », explique Salif Coulibaly, l’adjoint au maire de la commune d’Attécoubé. Attecoubé où le projet de nouveau marché du maire, d’après lui, répond au besoin d’installer les commerçants dans un certain confort. Sauf que, pour l’instant, selon M. Coulibaly, cela préoccupe fort peu les commerçants eux-mêmes. Ils sont plutôt intéressés par le côté pécuniaire. Il faut, insiste l’adjoint au maire, les obliger à vendre dans les meilleures conditions au lieu de leur laisser le choix de leur installation.

Raphaël TANOH

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