Élections locales : Des zones à risques

Les périodes électorales en Côte d’Ivoire sont des moments d’anxiété généralisés, du fait de la tradition des troubles qui entourent les scrutins ces dernières années. Les élections du 13 octobre n’échapperont pas à la règle, avec de nombreuses zones potentiellement confligènes.

« Il n’y a pas de petites élections ». Cet adage bien connu des Ivoiriens prendra tout son sens dans quelques jours, à l’ouverture du scrutin qui devra renouveler la liste des élus locaux ivoiriens le 13 octobre 2018. Ces consultations électorales auraient dû, en principe, être moins chargées du point de vue de la tension si elles n’étaient pas devenues un test de préparation pour les élections générales de 2020. De plus, le divorce intervenu entre le Rassemblement des républicains (RDR) et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI RDA) au sein de la majorité présidentielle en rajoute à l’électricité, d’autant que les anciens alliés auront à cœur de prouver leur suprématie sur l’échiquier politique ivoirien.

Ainsi, la compétition s’annonce âpre dans de nombreuses localités, avec des risques de débordements aussi bien à Abidjan qu’à l’intérieur du pays. A Abobo, le ministre de la Défense Hamed Bakayoko, candidat RHDP, disputera le fauteuil à Koné Thefour, candidat indépendant soutenu par Guillaume Soro. La rivalité entre ces deux personnalités du RDR n’est plus un secret et les tensions exacerbées par les partisans des deux bords font planer des risques de troubles au lendemain du scrutin dans cette commune.

Signes avant-coureurs ? Des étincelles pourraient également provenir de la cité administrative du Plateau. Des bagarres avaient déjà éclaté entre les partisans de Fabrice Sawegnon et ceux de l’équipe sortante durant les opérations d’enrôlement, au mois de juin dernier. Accusé de fraude, un proche du candidat du RHDP avait été brièvement interpelé par la police. La révocation d’Akossi Bendjo de son poste de maire a aussi rajouté à la tension qui règne sur la commune à la veille du vote.

L’intérieur du pays devra aussi être suivi de près, notamment la ville de Divo, où le ministre de l’Équipement et de l’entretien routier, Amédé Koffi Kouakou, tentera de conserver son poste face au député Famoussa Coulibaly. Nul ne peut prédire jusqu’où ira le bras de fer entre ces deux jeunes loups issus de la majorité présidentielle, qui veulent conserver ou prendre le contrôle de la capitale de la région du Loh Djiboua.

Conscientes des risques qui planent sur ce scrutin, les autorités sécuritaires travaillent à rendre ces élections les plus apaisées possible. « 12 000 policiers seront déployés, avec la gendarmerie et les forces armées, avant, pendant et après le scrutin », a annoncé le ministre de l’intérieur Sidiki Diakité lors d’une réunion à Yamoussoukro, le 24 septembre dernier.

Malick SANGARÉ

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