C˘te dĺIvoire solidaire : le pari Ouattara

FormÚ le 6 avril 2021, le nouveau gouvernement Patrick Achi, devra sĺatteler Ó satisfaire le projet que le chef de lĺEtat a en tŕte pour la C˘te dĺIvoire. Un pays uni et solidaire, au service de ses citoyens. Afin dĺy parvenir, la nouvelle politique du gouvernement mettra lĺaccent sur plusieurs chantiers du prÚsident de la RÚpublique. Parmi ces chantiers, celui de la rÚconciliation et de la cohÚsion nationale. Pour cette mandature, Alassane Ouattara veut tirer les lešons des erreurs passÚes et miser sur le vivre ensemble. Il devra pour y parvenir, travailler sur plusieurs leviers tout en espÚrant que chaque membre de lĺÚquipe joue pleinement sa partition.

« Côte d’Ivoire solidaire ». Pour ceux qui l'ignorent, c’est le nom du projet de développement que le Président de la République a en tête pour son pays. Un projet qui « place chaque Ivoirienne et chaque Ivoirien au cœur de l’action de l’Etat ».  Dans la réussite de cette mission, les 41 commandos du Premier ministre Patrick Achi (37 ministres et 4 secrétaires d’Etat), vont mener une bataille éclaire. « Nous devons aller encore plus vite pour l’amélioration du bien-être de nos concitoyens », a fait savoir le 6 avril dernier, le chef de l’Etat, Alassane Ouattara. Les dossiers devront être traités avec « célérité et diligence », d’après le Président de la République. Mais, surtout, les résultats devront être visibles aux yeux de tous. Pas de politique tapageuse.

Avec un plan centré sur la proximité, « Côte d’Ivoire solidaire » se base en réalité sur 5 piliers fondamentaux. D’abord, la réconciliation et la cohésion sociale, sans lesquelles aucun autre aspect de la politique du chef de l’Etat n’aura de l’emprise sur la population. Depuis le lendemain de l’élection présidentielle du 31 octobre 2020, il faut dire que les leaders politiques ont mis de l’eau dans leur vin. Tous montrent de la volonté à aller à la paix. Pour autant, la tâche ne sera pas aisée. « Il faudra pouvoir amener les leaders politiques à se parler véritablement, avec surtout le retour annoncé de Laurent Gbagbo. Il est temps que l’on arrête de faire de l’hypocrisie. Nos hommes politiques doivent faire preuve de hauteur », explique Denis Yoraubat, président de l’Action pour la protection des droits de l’homme (APDH). Une question qui tient à cœur aussi au Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH). Drissa Bamba, le président du conseil d’administration du MIDH estime également que la réconciliation sera ce qui conduira tout le reste en Côte d’Ivoire. Mais, pour lui, Bertin Kouadio Konan (KKB), le ministre de la Réconciliation et de la cohésion nationale, ne pourra pas à lui seul mener à bien cette mission délicate. Il faudra, à l’entendre, l’implication de toute la classe politique. Y compris ceux qui sont en exil.

Assainissement  À côté de la réconciliation et la cohésion sociale, Alassane Ouattara veut poursuivre son travail d’assainissement. La bonne gouvernance et la lutte contre la corruption, est l’un des chantiers les plus ardus de sa mandature. On en est au stade où les résultats doivent être parlant. C’est une condition sine qua none pour l’amélioration du climat des affaires.  Anciennement secrétaire d’Etat au Renforcement des capacités, Epiphane Zoro Bi Ballo, se voit attribuer ainsi le ministère de la Promotion de la bonne gouvernance, du renforcement des capacités et de la lutte contre la corruption. À présent, il lui faudra courageusement secouer le nid à frelons et ne pas reculer lorsque ces derniers viendront pour piquer. « La devise de la Côte d’Ivoire, c’est union, discipline, travail. Mais lorsque vous observez, les Ivoiriens ne sont pas unis. Ils ne sont pas disciplinés non plus. Pour ce qui est du travail, on ne peut pas dire également que ce soient des travailleurs. Il y a un travail de fond à faire à ce niveau. Il faut retourner aux fondamentaux, parvenir à jouer sur la mentalité des Ivoiriens. Il faut louer le mérite, le travail. Il faut sanctionner quand il le faut. Ce n’est qu’à ce prix qu’on pourra lutter contre la corruption », indique M. Yoraubat. Pour Epiphane Zoro Bi Ballo, ce ne sera pas de la sinécure. « La tâche est plus grande pour lui et nous seront là pour le lui signifier », signale le président du MIDH, Drissa Bamba.

Justice et droit de l’homme Tout comme la transparence et l’éthique constituent les deux piliers d'une bonne gouvernance, Alassane Ouattara veut opérer au sein d’Institutions renforcées, une justice prête ainsi qu’un climat social et politique apaisé.  Alors, le troisième défi sera d’établir la confiance entre les Ivoiriens et leurs institutions, notamment Dame Justice et droit de l’homme. Le ministère de la Justice, garde des sceaux, s’est vu attribuer dans le nouveau gouvernement, le département des droits de l’homme. Ce qui n’est pas nouveau en soi. Une casquette supplémentaire qui n’a pas l’air de ravir tout le monde, cependant. Notamment les organisations de défenses des droits de l’homme qui auraient aimé un ministère spécifiquement dédié aux droits de l’homme.

« Nous avons fait un pas en arrière. C’est à se demander si le ministre pourra allier les deux missions. Nous avions déjà du mal à avoir des rencontres avec lui, maintenant qu’il a le département des droits de l’homme, cela risque de s’empirer », souffle Alexandre Neth Willy, le président de la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme (LIDHO). Pour ce qui est de renouer la confiance entre les Ivoiriens et leur justice, il y aura du travail à faire. « Pour y parvenir, il faudra que la justice entende les critiques sur son indépendance avérée ou pas et qu’elle en tienne compte. Il faudra que cette indépendance puisse être effective », ajoute Denis Yoraubat, président de l’APDH. Cela dépendra beaucoup plus des dirigeants politiques, que d’un changement de mentalité, d’après les M. Yoraubat.

Proximité Une justice indépendante, à l’entendre, améliora forcement l’image de la Côte d’Ivoire en matière de défense des droits de l’homme. « C’est notre souhait, nous organisme de défense des droits de l’homme », ajoute-t-il. C’est aussi le souhait du président de la République. Enfin, le gouvernement Patrick Achi devra tabler sur la proximité avec la population, le social. « Je vous demande (…) de travailler en équipe, de faire preuve d’une grande humilité et d’être au contact des populations, afin de mieux les servir ». Cet appel du chef de l’Etat jette le regard sur un département qui sera scruté de très près à ce sujet : le ministère de la Promotion de la jeunesse, de l’insertion et de la promotion du service civique. Le ministre de la Promotion de la jeunesse et de l'emploi des jeunes, Mamadou Touré, est à la tête de ce nouveau ministère intitulé, Promotion de la jeunesse, de l’insertion et de la promotion du service civique. Ces attributions n’ont pas pour autant changé, selon Assalé Auguste, président de la Fédération des élèves et étudiants de l'Enseignement technique et professionnel de Côte d'Ivoire (FETEP-CI). « Aujourd’hui, de nombreux titulaires du BTS sont sur le carreau. Il faut les aider à trouver des stages de formation, de l’emploi. Les diplômés sans emplois ne se comptent plus », fait-il savoir. Pour le Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH), l’insertion des jeunes n’est pas assez visible jusque-là en Côte d’Ivoire. « Il faut que nous le voyions. La politique d’insertion doit être revue », indique Drissa Bamba. Quatre missions essentielles pour donner du coffre à la nouvelle orientation que le chef de l’Etat compte donner à sa politique. 4 missions qui feront l’objet de tous les regards dans les cinq prochaines années.

 

Raphaël TANOH

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