Musique : Bella Mondo défie les hommes

Le groupe Bella Mondo fait la fierté de la gent féminine.

Elles sont au total neuf femmes à composer le groupe Bella Mondo, premier orchestre musical 100% féminin de Côte d’Ivoire. Entre obstacles et succès, leur itinéraire vaut le détour.

Àl’image des Amazones de Guinée, célèbre orchestre de femmes militaires des années 60 et considérées comme un symbole de l’émancipation féminine, Bella Mondo porte haut la voix des ivoiriennes dans le monde de la musique, jusque-là dominé par les hommes. « C’est en 2007 que l’idée de création du groupe a pris forme, mais c’est en 2008 que nous nous sommes réunies », explique à JDA la bassiste du groupe, Prisca Allou. Orchestre au féminin Composé de trois chanteuses et de six instrumentistes, avec une moyenne d’âge de trente ans, le « girl band » s’est fait découvrir dans le pays lors de l’émission télévisée « Podium », en 2010. Bien avant, les animations de soirée dans les night-clubs abidjanais, principalement au « Pam’s » à Cocody, ont constitué pour Bella Mondo un tremplin riche en expériences, qui lui permettra d’affermir son talent. Naviguant entre le zouglou, l’afrozouk, le reggae, le coupé décalé, la rumba ou encore le compas haïtien, cette formation féminine détient un répertoire musical bien fourni et une occupation scénique qualifiée d’extraordinaire par les amateurs de « live ». À force d’abnégation et de courage, la renommée de l’orchestre dépassera les frontières ivoiriennes. Au niveau international, Bella Mondo a pu ainsi prendre part, en 2010, au Festival des arts nègres de Dakar et à plusieurs tournées en Afrique et en Europe. En 2016, elles ont enregistré une centaine de spectacles à travers le monde entier. Emancipation Bella Mondo se veut un exemple pour la gent féminine et un modèle de persévérance. Malgré les obstacles rencontrés par le groupe, notamment, le regard pesant que la société jette sur ces musiciennes à part, leur vocation et les piques lancées de part et d’autre par les hommes, l’orchestre est resté solide et uni autour de ses valeurs. « En créant ce groupe, ce sont les femmes que nous avons visées. Il faut qu’elles se lèvent et se disent capables d’égaler les hommes en suivant notre exemple », chantent-elles en choeur.

Anthony NIAMKE

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