Sahin Polo : « J’ai été inspiré par Félix Houphouët Boigny »

Sahin Polo est aujourd’hui l’un des ambassadeurs du mouvement Ziguehi et du Nouchi dans le monde.

En 1990, des groupes de jeunes, sous les noms de « Gros bras » ou « Loubards », font la loi dans les rues d’Abidjan. Près de 30 ans après, l’un d’eux, Omer Kipré Sahin Polo a décidé de réaliser un film documentaire sur « Les enfants d’Houphouët ».

Que devons comprendre par le titre de votre film, sorti depuis 2016 ?

Ce titre est inspiré de l’une de nos rencontres avec feu Félix Houphouët Boigny. Pour replacer les choses dans leur contexte, il nous a fait savoir qu'il ne souhaitait plus que nous soyons appelés « Loubards ». Il nous appelait « mes enfants ». Cette phrase m'a marquée et a donné son titre à mon documentaire.

Aujourd’hui, où en êtes-vous au niveau de la diffusion ?

Le documentaire « Les enfants d'Houphouët » sera bientôt projeté dans les salles de cinéma « Canal Olympia » dans toute l'Afrique, ainsi que dans les salles Majestic en Côte d'Ivoire cette année. En ce moment, je suis en train de lancer la distribution du DVD en France et dans toute l'Europe. Il faut noter aussi que la version validée avec le Groupe Canal+ est d'une durée de 52 minutes et celle du DVD est de 1 heure 15 minutes. Le film sera diffusé cette année sur les chaînes Canal+. Le documentaire a été dédié à la mémoire de la Directrice allemande de l'Institut Goethe d’Abidjan, Henrike Grohs, décédée dans les attentats perpétrés à Bassam en 2016, car elle fut la première personne à croire en mon projet.

Pensez-vous que ce film pourra donner une autre image du mouvement « Ziguehi » en Côte d’Ivoire ?

Il s'agit de montrer une autre facette. Je me base sur du factuel pour attirer l'attention sur la richesse culturelle apportée par ces jeunes. Outre le côté violent, toujours indexé, j'ai souhaité mettre en lumière les aspects culturels et identitaires de ces hommes et de ces femmes qui sont à l'origine d’une nouvelle identité ivoirienne.

Aujourd’hui, vous avez mis sur le marché une ligne de vêtements appelée « Nouchi 101 ». Est-ce une manière de faire la promotion de cet argot ivoirien ?

Oui, c'est même avec fierté que j'ai voulu faire la promotion de notre culture. Ces « caïds » ont créé ce langage codé, qui aujourd'hui est devenu universel, avec certaines expressions ou mots dans le dictionnaire Larousse. Comme le dit le slogan : « Au-delà d'une marque, c'est toute une histoire ». Chaque personne qui porte ces vêtements est un relais de transmission de l'histoire du Nouchi.

 Anthony NIAMKE

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