DR. SÉRAPHIN PRAO, Spécialiste des questions monétaires

À qui profite la parité fixe entre le francs CFA et l’euro ?

 

Il est clair que cela ne profite pas aux africains. La parité fixe ne permet pas à nos pays de bénéficier de la flexibilité de l’environnement international. Au Ghana, par exemple, quand la conjoncture est défavorable, la valeur externe de la monnaie baisse mais reste intacte au niveau interne. Ce qui n’est pas le cas chez nous. Et j’estime que cela est une arnaque monétaire. C’est comme si l’on nous portait une camisole de force.

 

La Côte d’ivoire peut-elle courir le risque d’avoir sa propre monnaie ?

Non, il faut éviter de faire cavalier seul. Vu les grands défis auxquels tous les  pays sont confrontés, toute aventure isolée est infructueuse. Il s’agit de décoloniser le franc CFA et faire en sorte que les pays africains se mettent ensemble pour créer leur monnaie, car ensemble nous sommes forts. Nous voulons couper le cordon ombilical, s’asseoir entre nous africains pour créer une monnaie de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Il faut surtout éviter la balkanisation monétaire.

 

N’est-ce pas déjà le cas avec le Ghana, le Nigeria et la Guinée qui ont chacun leur monnaie ?

Oui malheureusement. Et ce sont des obstacles aux projets de la monnaie unique au sein de la CEDEAO. Il faut arriver à la création d’une zone monétaire des pays de l’Afrique de l’Ouest avec une monnaie unique et aller vers une convergence monétaire avec les pays anglophones. Malheureusement, là encore l’autre obstacle est lié à la question de leadership.

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