N

ice et Saint-Étienne-du-Rouvray 
en France, Munich et Ansbach en 
Allemagne, mais aussi San Anto-

nio aux États Unis, la nouvelle stratégie 
de Daesh, en perte de vitesse en Irak et 
en Syrie, continue de semer la mort dans 
le monde. Les « électrons libres » qui 
commettent  des attentats continuent 
de marquer à vif les populations occi-
dentales. L’horreur franchit chaque fois 
une nouvelle étape avec l’égorgement 
le mardi 26 juillet, d’un prêtre dans son 
église de Saint-Étienne-du-Rouvray près 
de Rouen, où trois personnes ont aussi 
été blessées, dont une grièvement. Le 
décompte macabre continue donc et les 
revendications de l’EI aussi. L’organisa-
tion terroriste n’a pourtant pas de liens 
directs avec les auteurs de ces crimes. 

Nombreux sont ceux qui pensent que 
cette stratégie est destinée à amener les 
populations à faire pression sur leurs pays 
respectifs afin qu’ils retirent leurs troupes 
engagées dans la guerre contre le terro-
risme au Moyen-Orient. Il reste que les 
premiers à payer les pots cassés sont les 
communautés arabo-musulmanes, qui 
deviennent la cible d’actes islamophobes, 
en multiplication. Pour des spécialistes 
comme Gilles Kepel, cette stratégie ne 
pourrait s’avèrer guère payante, car elle 
provoque l’expression des unités natio-
nales, les peuples se mobilisant pour faire 
front. Pourtant, cette situation de psy-
chose a favorisé la montée en puissance 
de l’extrême droite dans nombre de pays 
d’Europe, avec des discours ultra-sécuri-
taires et teintés de xénophobie.

Attentats en Europe 

Les pions de Daesh

Un sommet qui a fini en queue de 

poisson. C’est le moins que l’on 

puisse dire de la rencontre qui 

devait réunir les pays arabes à 

Nouakchott. Alors que l’on s’atten-

dait à des propositions concrètes 

sur la sécurité et le terrorisme, 

l’absence des « grands » a fait 

perdre tout son sens à l’événe-

ment.

LIGUE ARABE, LE FIASCO DE NOUAKCHOTT

L

e sommet de la Ligue arabe, pré-
vu les lundi 25 et mardi 26 juillet, 
s’est finalement tenu en une seule 

journée à Nouakchott, la capitale mau-
ritanienne. Consacré à la sécurité et au 
terrorisme (en Libye et Syrie), seuls six 
chefs d’État (Yémen, Soudan, Comores, 
Djibouti, Qatar et Nouakchott), sur vingt-
deux, ont pris part à ce sommet. Les ab-
sences les plus importantes sont celles 
des états du Maghreb, de l’Arabie Saou-
dite et de l’Égypte, pourtant considérés 
comme les fidèles alliés du régime de 
Mohamed Ould Abdel Aziz. Rarement un 
sommet de la Ligue arabe n’aura échoué 
comme celui de Nouakchott, avec des 
débats ne durant en tout que six heures. 

Modèle d’impuissance

 Comment en 

est-on arrivé là ? Pourquoi les pays du 
Golfe, censés avoir la mainmise sur la 
Ligue arabe, avec la bénédiction de leurs 
protecteurs que sont les États-Unis, ont-
ils ainsi boudé l’évènement ? Le sommet 

a été une « réussite parce qu’on n’atten-
dait pas de cette rencontre la libération 
de la Palestine, encore moins de mettre 
un terme aux conflits en cours dans 
le monde arabe. Il ne s’agit, en fin de 
compte, que d’un sommet arabe dont 
la finalité est de produire une déclara-
tion finale reprise depuis…70 ans ! », 
se moque le journaliste mauritanien, 
Mohamed Sneiba. Le fait est que dans 
le monde arabe, la Ligue est depuis une 
décennie considérée comme une sorte 
de modèle d’impuissance, qui se carac-
térise par son « aplatventrisme » vis-à-
vis des Américains, surtout sur la ques-
tion palestinienne. Il faut également tenir 
compte du fait que la rencontre s’est 
tenue à un moment où les relations entre 
Rabat et Nouakchott ne sont pas au beau 

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Clap de fin pour Wasserwan Debbie 
Schultz, présidente du Parti démocrate 
américain. Le dimanche 24 juillet, elle 
a annoncé qu’elle démissionnera de 
son poste après la Convention démo-
crate qui s’achève ce jeudi à Philadel-
phie, avec l’investiture d’Hillary Clinton 
comme candidate du parti pour la pré-
sidentielle de novembre prochain. Une 
décision prise après que Wikileaks ait 
publié des courriels qui révèlent que le 
Comité national démocrate avait œuvré 
en faveur d’Hillary, au détriment de Ber-
nie Sanders, au cours des primaires 
démocrates. Le plus remarquable, es-
time le magazine bostonien The Atlan-
tic, c’est que pratiquement personne 
n’est venu au secours de Wasserman, 
dont la tête était réclamée depuis long-
temps par Sanders et ses supporteurs. 
Ces derniers ont d’ailleurs manifesté 
leur opposition à la candidature de 
l’ancienne Première dame et ex-secré-
taire d’État au début des travaux de la 
convention et rien ne dit qu’ils se laisse-
ront convaincre de lui donner leurs voix 
en novembre, face à Donald Trump, 
candidat des Républicains. Mais ce 
dernier fait également face à une fronde 
d’une partie de son camp.

ÉTATS-UNIS : LA CHUTE DE 
SCHULTZ

B.S

B

ouBAcAR

 SANGARÉ

 Seuls 

six chefs d’État de la Ligue arabe ont pris part au sommet. 

13

N° 08 du 28 juillet au 3 août 2016

Afrique & Monde

B.S

fixe. C’est en effet le Royaume chérifien 
qui devait initialement accueillir le som-
met, mais la diplomatie marocaine avait 
demandé son report, estimant que le ti-
ming était mauvais pour réunir les frères 
arabes déjà foncièrement désunis…