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N° 00 du 28 avril 2016

Focus

ÉDITO

Grogne 2.0

L

e visiteur qui débarquera à 
Abidjan ces jours-ci pourrait 
se réjouir d’arriver dans une 

mégalopole où tout va pour le mieux 
dans le meilleur des mondes pos-
sibles, où les habitants, à la réputation 
surfaite d’invétérés noceurs et bon vi-
vants, croquent la vie à pleine dents en 
mode carpe diem, sans se soucier du 
lendemain. Il se dirait que cette autre 
réputation de peuple insoumis et gro-
gnon attribuée aux Ivoiriens était sans 
doute caricaturale, ou la réalité révo-
lue d’une époque où tout n’allait pas 
forcément bien. S’il vient d’un de ces 
pays que nous aimons bien moquer, 
il se mettrait alors à envier ce brave 
peuple, en se disant qu’il profite déjà 
des retombées de l’émergence, pour-
tant promise pour 2020.
Mais il découvrira, peut-être à sa 
grande surprise, que le calme appa-
rent dans les quartiers tranche avec le 
sentiment d’indignation d’une majo-
rité de ces abidjanais. À la différence 
des années 1990 où les mécontents 
barricadaient les rues, enflammaient 
des pneus et des véhicules, caillas-
saient des bus, et s’en prenaient aux 
édifices publics et biens supposés ou 
réels des gouvernants, aujourd’hui, la 
fronde sociale s’est transposée sur 
les réseaux sociaux. Défouloir pour 
les uns, exutoire pour les autres, la 
Toile est désormais le lieu par excel-
lence des manifestations 2.0. À coups 
de clics, d’hashtags ou de « like », on 
critique, dénonce, vilipende souvent 
avec véhémence, mais sans risque 
de gazage ou tabassage par des poli-
ciers, ni d’identification.
Certes, ce type de protestations « 
nouvelle génération » peut faire pen-
ser que tout va bien, mais si nos 
gouvernants n’y prennent garde, ils 
pourraient en faire les frais. À l’ère 
du numérique, la température so-
ciale d’un pays ne se mesure plus 
seulement à l’aune des débrayages 
et manifestations violentes, mais se 
jauge aussi sur les réseaux sociaux, 
qui forgent désormais l’opinion d’une 
bonne partie des citoyens.
  

                                                                                                  

 

                       

ILS ONT DIT...

« M. Soro Guillaume, je t’appelle mon 
tonton parce que tu es le frère de 
mon papa Blé Goudé ». 

Petit Denis 

(artiste-chanteur Zouglou) le 20 avril 
2016, en plaidant la libération du chef 
des « Jeunes patriotes ».
 
« La musique chasse la haine chez 
ceux qui sont sans amour ». 

Maurice 

Bandaman, ministre ivoirien de la 
Culture le 19 avril 2016, à la 9e édition 
du Femua à Abidjan.

« Grand-frère, tu fais malheureuse-
ment partie de ceux qui nous ont fou-
tus dans la merde, car tu t’appelles 
Alpha Blondy et ta voix porte. 

François 

Kency le 14 avril 2016.

RENDEZ-VOUS

UN JOUR UNE DATE

28 avril 2011 : 

Attentat à la bombe au café-restaurant d’Argana à Marrakech au 

Maroc. Actionné à distance, l’engin explosif a fait 17 morts et 20 blessés. 

Moussa Traoré, réélu président de le l’Union nationale des jour-
nalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) pour un second mandat, face à 
Vamara Coulibaly, qui a retiré sa candidature avant le vote.

UP

DO

WN

milliards de Francs CFA :

 le montant prévu par l’État ivoirien pour équiper les 

forces de sécurité dans le cadre du programme de lutte contre le terrorisme.

80 

  LA PHOTO DE LA SEMAINE

Kaba Nialé, nouvelle ministre du Plan, qui envisage de licencier 
80% du personnel comptant pour le Programme national de dé-
veloppement communautaire (PNDC). 

LE CHIFFRE

Abidjan Pizza Village - Espace Canal 
Au Bois.

1er mai : 

Spectacle « l’Émoi du Jazz » à l’Ins-
titut français.

Du 1er au 8 mai :

Salon International de la Mode Afri-
caine (Simoa) - Palais de la Culture.

Du 5 au 7 mai :

Abidjan Fashion Night - Sofitel 
Hôtel Ivoire.

6 mai :

La veuve de

 Papa Wemba reçoit les condoléances du ministre ivoirien Ahmed Bagayoko, le 26 

avril 2016. La dépouille de l’artiste sera raptriée ce jeudi au Congo

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aviD

 YOUANT