B
OUBACAR
SANGARÉ
Afrique & Monde
U
Libre Algérie » l’économiste algé-
rien Omar Benderra à propos de
la nuit du 1er au 2 décembre. « Il s’agit
là d’une forfaiture renouvelée digne d’un
régime fasciste. Par ces pratiques cri-
minelles réitérées, l’Algérie de la révolu-
tion africaine, l’Algérie solidaire de tous
les peuples en lutte, l’Algérie de Fanon
est ainsi ramenée au rang honteux des
pays racistes (…), des Algériens occu-
pant des fonctions d’autorité ont ordon-
né la déportation brutale et inhumaine
de frères et de sœurs de notre com-
mun continent broyé par les guerres et
la misère », ajoute-t-il. L’opération se
poursuit dans les rues d’Alger où des
migrants vivent la peur au ventre. À en
croire la Ligue algérienne de défense
des droits de l’Homme, les sans-pa-
et des enfants, ont été regroupés avant
leur transfert à Tamanrasset pour être
expulsés. Mais cette opération est
pour Alger une façon de montrer patte
blanche aux yeux des Occidentaux dans
le cadre des politiques de « containment
» des migrations africaines. L’orage de
la chasse aux migrants passé, en Algé-
rie, la question qui se pose est de savoir
pourquoi les autorités algériennes ne
régularisent-elles pas les migrants clan-
destins qui, pourtant, constituent une
-
prises du pays.
En Algérie,
la chasse aux migrants
En Libye, l’offensive lancée il y a six
mois a finalement réussi à mettre
en déroute Daesh. Le pays reste ce-
pendant englué dans une bataille de
pouvoir entre des milices rivales.
La stabilité du pays n’est donc pas
encore gagnée…
LIBYE : LE BOUT DU TUNNEL EST ENCORE LOIN
L
-
ment d’union nationale de Faïez
el-Sarraj a annoncé avoir repris le
contrôle la ville de Syrte sous domina-
tion de l’EI depuis un an. L’organisa-
chaos pour renforcer sa position dans
ce pays en lambeaux depuis la chute de
-
pée et poussée dans ses derniers re-
tranchements par une offensive lancée
le 18 mai, avec l’aide la communauté
internationale. Même si la concurrence
qui opposait el-Sarraj au général Kalifa
Haftar, bras armé du Parlement basé à
Tobrouk, n’a pas arrangé les efforts de
lutte contre le groupe extrémiste. La
chute de Syrte est un revers important
pour Daesh qui est aux abois en Irak
et en Syrie, où il perd chaque jour du
terrain, sous le feu croisé des armées
nationales et des forces internationales.
Les observateurs émettent cependant
des réserves sur la suite de ces vic-
toires, en Lybie en particulier où, depuis
quelques jours, les leaders du groupe
ont quitté Syrte avec des combattants
pour se retrancher dans le sud du pays.
Luttes tribales
Il faut donc croire que
-
time Issandr el-Imrani, directeur du sec-
teur Afrique du Nord de l’International
Crisis Group, interrogé par RFI.
« On peut s’attendre à ce que les forces
de Daesh se replient aujourd’hui dans
d’autres parties du pays, qu’il y ait des
cellules dormantes dans d’autres villes»,
explique-t-il. Pendant ce temps, Tripoli,
la capitale, est toujours le théâtre d’af-
frontements entre milices rivales. Huit
personnes y ont trouvé la mort et des
dizaines ont été blessées, les 1er et 2
décembre. Une situation inquiétante
pour les Nations unies, qui, à travers le
représentant Martin Kobler, ont estimé
qu’il « est tout à fait inacceptable que
UNE SEMAINE DANS LE MONDE
Le mardi 6 décembre, la chancelière
allemande, Angela Merkel, a été réé-
lue à la tête de l’Union chrétienne dé-
au cours de son 29ème congrès qui
Merkel briguera donc un quatrième
mandat à l’occasion des législatives
prévues pour septembre 2017. Cette
investiture la conforte, attestant du
soutien conservé de son parti, alors
qu’il y a un an, son autorité y était
contestée à cause de sa gestion de
la crise des réfugiés. Pour mémoire,
sa popularité avait été entamée, et
le parti d’extrême droite Alternative
faire une percée historique. Leçon
tirée pour la chancelière, selon qui il
n’est plus question de permettre « un
de réfugiés tel que celui qu’a connu
900 000 arrivants sur son sol ». Mme
Merkel est donc bien partie pour se
succéder à elle-même, alors que la
plupart de ses homologues Obama,
Hollande et Renzi sont déjà sur le
départ.
ALLEMAGNE : MERKEL BRIGUE UN
4ÈME MANDAT
Aux mains des bandes armées, la
Lybie
B
OUBACAR
SANGARÉ
les groupes armés se battent pour faire
terrorisant la population ». Les décla-
rations de part et d’autre des mouve-
ments en présence en Lybie n’augurent
pourtant pas d’une conciliation de leurs
positions, et il semble bien que pour
la paix en Lybie, le chemin soit encore
bien long…
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Numéro 27 du 8 au 14 décembre 2016