« Sextapes » : La dérive du WEB ivoirien

De plus en plus fréquentes sur le web, les sextapes touchent aussi les adolescents.

Si les réseaux sociaux ont révolutionné la communication, ils favorisent malheureusement la promotion de mœurs légères, notamment depuis la publication de « sextapes » impliquant des adolescents. Une pratique qui gagne du terrain en Côte d’Ivoire.

Après la cybercriminalité et le proxénétisme, la diffusion de « sextapes », où vidéos pornographiques d’amateurs, fait aussi partie des dérives de plus en plus constatées sur Internet et les réseaux sociaux en Côte d’Ivoire. Comme ailleurs dans le monde, c’est la jeunesse qui est la plus vulnérable, parfois victime, et d’autre fois volontaire, en quête de notoriété.

 

Raisons évoquées Si pour l’heure aucune étude ne donne d’explications sur ce nouveau phénomène, le psychologue Alain Okou avance diverses raisons. Selon lui, ceux qui s’adonnent à la publication de « sextapes » sont pour la plupart des anonymes en manque d’affection, dont l’objectif est d’attirer le regard de la société. Se prononçant sur le cas de l’adolescente Noëlla Tanoh, qui avait publié ses ébats sexuels sur Facebook et Youtube en novembre 2016, il estime qu’elle fait partie de cette catégorie. La jeune femme publiait elle-même sur sa page Facebook : « à cause de ma vidéo qui fait le buzz, mes parents m’ont chassée. Demain, quand je serai une porno star, ils viendront me demander de l’argent ».

Alain Okou évoque aussi le cas des vidéos « Revenge Porn », ou vengeance pornographique. Certains couples filment leur intimité pour ensuite visionner la vidéo entre eux. Mais l’un des deux partenaires, le plus souvent la femme, se retrouve piégée après la rupture, quand l’autre diffuse la vidéo dans l’intention de faire chanter ou de salir.

 

Restrictions ? Face à ce phénomène qui jure avec les mœurs ivoiriennes, certains parents ont souhaité la limitation, voire le blocage, des réseaux sociaux pour les adolescents. « C’est pour ces raisons que j’ai interdit le téléphone portable et l’Internet à mes enfants », affirme Mathieu Kanh, infirmier dans une clinique. Face aux inquiétudes soulevées, le ministre de l’Économie numérique et de la Communication, Bruno Koné, avait affirmé en janvier dernier : « Nous avons les moyens de bloquer l’accès à Facebook, mais nous ne le ferons pas. C’est utile pour tout le monde », avait-il déclaré, indiquant que des sensibilisations se feront au risque de prendre des restrictions sur l’accès à certains sites, comme le font d’autres pays.

 

Anthony NIAMKE

 

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