Électricité : Abidjan confronté aux coûts des échanges transfrontaliers

La capacité de production ivoirienne a augmenté de 60% entre 2011 et 2019 pour atteindre 2 229 MW. Une production qui devrait doubler d’ici 2030.

Pays exportateur de pétrole, la Côte d'Ivoire veut doubler sa capacité de production  électrique dans les prochaines années. La part des énergies renouvelables, quant à elle, devrait se situer à 42% en 2030, conformément aux engagements du pays lors de la COP 21. La production de la Côte d’Ivoire a atteint 2 229 MW en 2019 et le pays continue de croire en la création d’un hub énergétique pour la sous-région, avec pour objectif de renforcer sa capacité de production à 6 000 MW d’ici 2030. C’est dans ce contexte que le pays a lancé plusieurs projets, comme l’extension de la centrale thermique d’Azito qui va porter sa capacité à 7 000 MW. Selon les chiffres officiels, la production nationale provient à 70% de sources thermiques et à 30 % de barrages hydrauliques.

Tourné vers l’extérieur Le pays exporte environ 11% de la production nationale brute d’électricité vers six pays de la CEDEAO, le Ghana, le Togo, le Bénin, le Burkina Faso, le Mali et le Libéria. La Sierra-Léone et la Guinée devraient porter leur nombre à huit après la mise en service de la ligne d’interconnexion électrique 225 KV Côte d’Ivoire – Libéria - Sierra-Léone - Guinée, prévue en 2020 - 2021. Mais cette ambition pourrait connaitre des freins liés au paiement des factures dans l’espace CEDEAO, hypothéquant le développement d’un marché régional de l’énergie. Le Système d’échanges d’énergie électrique ouest africain (WAPP) a identifié plusieurs causes sous-jacentes et proposé des pistes de solutions qui ont permis de franchir une étape importante, l’adoption par les chefs d’États de la CEDEAO, le 15 décembre 2018, d’une directive sur la sécurisation des échanges transfrontaliers d'électricité. Après une réunion à Abidjan, le 4 février, les recommandations des experts devraient permettre la création d’un fonds revolving axé sur le commerce de l’électricité dans la région, afin de renforcer la liquidité des acteurs, ainsi que la mise en place d’un programme d’aide budgétaire régional de la Banque mondiale portant sur les réformes nécessaires pour adopter et mettre en œuvre la nouvelle directive de la CEDEAO. Elles devraient également faciliter la mise en place d’un mécanisme pérenne pour la sécurisation des paiements des échanges transfrontaliers sur le marché d’électricité de la CEDEAO en vue de mitiger les risques de paiement.

Yvan Afdal

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